APPENDICE
75. L'avertissement 76. Le miracle
77. Le châtiment 78. La dernière extase 13 novembre
79. Le voyage de Conchita à Rome 80. La note négative de Garabandal

    Il nous paraît opportun d'ajouter en appendice, à cette nouvelle édition, le récit des derniers événements de Garabandal: l'apparition du 13 novembre 1965 et le voyage de Conchita à Rome.

    Nous désirons en même temps insister sur l'importance des affirmations prophétiques de la voyante: l'avertissement, le miracle, le châtiment. Voici donc trois passages écrits de la main de Conchita, qui donnent des éclaircissements sur ces sujets. Le lecteur pourra ainsi se faire une idée de la portée et de la vraisemblance de ces annonces.

L'avertissement

    « La Sainte Vierge me l'a dit le 1er janvier 1965 aux Pins. Je ne peux dire en quoi il consistera, car Elle ne m'a pas donné l'ordre de le dire. Elle ne m'a pas dit quand il aurait lieu: je n'en sais donc rien. Je sais seulement qu'il sera visible pour le monde entier, qu'il sera directement l'œuvre de Dieu et aura lieu avant le miracle. Je ne sais pas si on en mourra. Cependant certaines personnes pourront en mourir de peur, en le voyant. »

Le miracle

    « Ce qui concerne le miracle m'a été dit par la Sainte Vierge à moi seule. Elle m'a défendu de dire en quoi il consistera. Je ne peux en dire la date que huit jours avant. Mais je peux dire qu'il coïncidera avec un événement de l'Eglise et avec la fête d'un saint martyr de l'Eucharistie; il aura lieu à 8 h 30 du soir, un jeudi. Il sera visible pour tous ceux qui seront au village (de Garabandal) et sur les montagnes des alentours. Les malades qui y assisteront seront guéris et les incrédules croiront. Ce sera le miracle le plus grand que Jésus ait jamais fait pour le monde. On ne pourra douter en rien qu'il est de Dieu et qu'il est fait pour le bien de l'humanité. Il restera à jamais un signe que le miracle a eu lieu aux Pins. Ce signe pourra être filmé et télévisé. »

Le châtiment

    « Le châtiment reste conditionné au fait que l'humanité accomplira ou non ce que demandent les messages de la Sainte Vierge et croira ou non au miracle. S'il se produisait je sais en quoi il consisterait, car la Sainte Vierge me l'a dit, mais je ne peux pas le dire. D'ailleurs j'ai vu le châtiment et je peux assurer que s'il se produit, ce sera pire que si nous étions enveloppés de feu; pire que si nous avions de la braise sous les pieds et au-dessus de la tête. Je ne sais pas le temps qui s'écoulera entre le miracle et le châtiment. »

    Nous avons en notre possession les textes originaux écrits de la main de Conchita. En les transcrivant, nous en avons respecté la rédaction et n'avons corrigé que les fautes d'orthographe et de ponctuation, pour en faciliter la lecture.[Note importante.
    Cet ouvrage était sous presse quand me fut remise en mains une prophétie de Sœur Marie Faustine, religieuse polonaise, morte pendant l'invasion de 1938. Cette prophétie fut écrite le 22 février 1931. La voici textuellement :
    « Le Seigneur s'est révélé à moi aujourd'hui et m'a dit : « Avant de venir comme Juge, je viendrai en roi de miséricorde. Avant que ne vienne le jour de la Justice, il apparaîtra un signe dans le ciel et sur la terre. Ce sera le signe de la croix, et de chacune des plaies de mes mains et de mes pieds sortira une lumière intense qui illuminera, pendant quelques minutes, la terre entière. Cela aura lieu à la fin des temps. »
    Serait-ce là la prédiction du grand miracle de Garabandal annoncé déjà en l'année 1931 ?]

LETTRE DE CONCHITA SUR SA DERNIERE EXTASE
13 NOVEMBRE 1965

    Ce samedi 13 novembre, je savais déjà, par un avertissement intérieur que la Sainte Vierge m'avait donné à l'église, que je la verrais aux Pins, lors d'une apparition spéciale, au cours de laquelle Elle baiserait les objets de piété que j'aurais à distribuer ensuite, ceux-ci ayant une grande importance.

    Pour moi, j'avais un grand désir qu'arrivé le jour de La revoir, mon âme ayant connu la félicité divine, grâce à la Très Sainte Vierge et à l'Enfant Jésus qu'Elle tenait dans ses bras.

    Il pleuvait quand je montai aux Pins, mais cela m'était vraiment bien égal; j'emportais sur moi un grand nombre de chapelets que l'on m'avait donnés récemment pour les distribuer et, comme me l'avait demandé la Sainte Vierge, je les avais apportés pour les lui faire baiser.

    Tandis que je montais aux Pins, je me disais chemin faisant que je devais bien me repentir de mes défauts et ne plus y retomber, me sentant toute confuse de me présenter ainsi devant la mère de Dieu, sans m'en être corrigée.

    Arrivée aux Pins, je me suis mise à tirer les chapelets de ma poche et tandis que je le faisais, j'entends une voix très douce (celle de la Sainte Vierge, reconnaissable entre toutes), qui m'appelait par mon nom. Je lui réponds: « Oui? » et je la vois à ce moment-là, toujours vêtue de même et souriante, avec l'Enfant Jésus dans les bras. Je lui ai dit: « Je suis venue vous apporter les chapelets, pour que Vous les baisiez », et elle m'a dit: « C'est bien ce que je vois. »

    J'avais un chicklet dans la bouche, mais lorsque la Sainte Vierge m'était apparue, j'avais cessé de le mastiquer; je l'avais calé dans une dent. Elle savait évidemment que je l'avais, car elle m'a dit: « Conchita, pourquoi ne laisses-tu pas ton chicklet et ne l'offres-tu pas en sacrifice à la gloire de mon Fils? » Et moi, toute honteuse, je l'ai retiré de ma bouche et l'ai jeté par terre.

    Puis la Sainte Vierge m'a dit: « Tu te rappelles ce que je t'ai dit le jour de ta fête, que tu souffrirais beaucoup sur cette terre? Je te le dis encore, mais aie confiance en Nous et tu seras heureuse d'offrir cette souffrance à nos deux Cœurs, pour le bien de tes frères; ainsi tu nous sentiras plus près de toi, »

    Moi, je lui ai dit: « Combien je suis indigne, O Notre Mère, de tant de grâces reçues de Dieu par Vous et Vous êtes encore venue aujourd'hui me voir, pour alléger la petite croix que je porte maintenant! » Elle m'a dit alors: « Conchita, je ne suis pas venue pour toi seule, mais pour tous mes enfants, avec le désir de les rapprocher de nos deux Cœurs. » Elle m'a dit encore: « Donne-moi à baiser tout ce que tu as apporté.» Ce que j'ai fait. J'avais avec moi un crucifix; Elle l'a baisé aussi, puis Elle m'a dit: « Place-le dans les mains de l'Enfant Jésus. » Je l'ai fait aussi: Lui, Il ne m'a rien dit. J'ai dit à la Sainte Vierge: « Ce crucifix, je vais l'emporter avec moi au Couvent? » mais Elle ne m'a pas répondu. Après avoir tout baisé, Elle m'a dit: « Grâce au baiser que j'ai posé sur ces objets, mon Fils fera des prodiges. Distribue-les aux autres. »Ce qui est bien mon intention. Ensuite Elle m'a demandé de Lui présenter les requêtes formulées par les personnes qui m'en avaient chargée, ce que j'ai fait.

    Puis elle m'a dit: « Dis-moi, Conchita, dis-moi des nouvelles de mes enfants, je les tiens tous rassemblés sous mon manteau. » Et moi de lui dire: « Il est bien petit, nous ne pouvons pas tous y tenir. » Ce qui l'a fait sourire.

    « Sais-tu, Conchita, pourquoi je ne suis pas venue moi-même le 18 juin te donner le message pour le monde ?... C'est que j'avais peine de vous le dire à tous. Je dois vous le dire cependant pour votre bien, et, si vous l'accomplissez, pour la gloire de Dieu. Je vous aime beaucoup et je désire votre salut et nous voir tous réunis autour du Père, du Fils et du Saint-Esprit. N'est-ce pas, Conchita, que nous pouvons compter sur toi? »« Si je pouvais toujours Vous voir, oui, mais autrement, je ne sais pas, car je suis tellement imparfaite... »« Toi, fais de ton mieux, et Nous, nous t'aiderons; de même pour mes petites, Loli, Jacinta et Mari-Cruz... »

    Elle est restée très peu de temps. Elle m'a dit aussi: « C'est la dernière fois que tu me vois ici, mais je serai toujours avec toi et avec tous mes enfants. » Puis elle a ajouté: « Conchita, pourquoi ne vas-tu pas plus souvent visiter mon Fils au Très Saint Sacrement? Pourquoi te laisses-tu aller à la paresse, et ne le visites-tu pas alors qu'il vous attend jour et nuit?

    Comme je l'ai écrit plus haut, il pleuvait très fort mais la Sainte Vierge et l'Enfant n'était pas du tout mouillés; quant à moi, pendant que je les voyais, je ne me rendais pas compte qu'il pleuvait, mais quand j'ai cessé de les voir, j'étais toute trempée.

    J'ai dit aussi à la Sainte Vierge: « Ah! que je suis heureuse quand je Vous vois tous les deux! Pourquoi ne m'emmenez-Vous pas avec Vous maintenant? » Et Elle m'a répondu: « Rappelle-toi ce que je t'ai dit le jour de ta fête: en te présentant devant Dieu, tu devras te montrer les mains pleines des œuvres que tu auras faites pour tes frères et pour Sa gloire; à l'heure qu'il est, elles sont vides. »

    Il est passé, le délicieux moment que j'ai eu avec ma Maman du Ciel et ma meilleure Amie et l'Enfant Jésus. Je ne les vois plus, mais je continue à sentir leur présence. De nouveau, Ils ont laissé mon âme dans la paix et la joie, avec un grand désir de vaincre mes défauts et d'aimer de toutes mes forces les divins Cœurs de Jésus et de Marie, qui nous aiment tant.

    Auparavant la Vierge m'a dit que Jésus nous menace du châtiment non pour nous décourager, mais pour nous aider et nous réprimander de ce que nous ne faisons pas cas de Lui. Il nous envoie l'avertissement pour nous purifier, afin de voir le miracle, par lequel Il nous montrera clairement Son amour et Son désir que nous accomplissions le message.

    Nous devons toujours faire de notre mieux, à la plus grande Gloire de Dieu et de notre mère bénie.

    Voilà le récit de l'apparition.

Signé: Conchita Gonzalez.
P. S. Ce n'est pas un secret. »

    Cette lettre est admirable d'un bout à l'autre:

    L'histoire du « chicklet » est d'une délicieuse ingénuité enfantine. La Dame affirme qu'Elle ne vient pas pour les petites, mais pour l'humanité toute entière. Elle n'attache pas grande importance aux problèmes personnels des enfants et n'y répond que par un sourire. (Preuve supplémentaire en faveur de la surnaturalité des faits que nous racontons.)

    Plus loin Conchita exprime son désir d'emporter au Couvent le crucifix baisé par l'Enfant Jésus, habile demande, par laquelle elle espère obtenir de la Sainte Vierge une réponse au problème qui la préoccuppe particulièrement maintenant et qui est devenu sa croix.

    Notons l'intérêt que porte la Sainte Vierge à tous ses fils: « A ceux qu'Elle tient rassemblés sous son manteau », phrase que Conchita ponctue d'une réflexion espiègle, qui fait sourire la Dame.

    Puis voici l'affectueuse explication donnée par notre Mère du Ciel, qui paraît s'excuser d'avoir pris un intermédiaire pour nous transmettre le message du 18 juin et révèle ainsi l'amour plein de délicatesse avec lequel elle traite ses enfants.

    Se considérant comme « bien imparfaite », Conchita exprime ensuite sa crainte de ne pas être fidèle si la Vierge ne continue pas à lui rendre visite. Mais Celle-ci promet alors d'être toujours auprès de nous et nous rappelle que Jésus nous attend jour et nuit au Très Saint Sacrement; enfin nous apprenons que la Sainte Vierge, tout en restant en contact avec la petite, n'apparaîtra plus à Garabandal où Elle s'est manifestée d'une manière si exceptionnelle.

    Relisons et méditons cette relation, afin de faire nôtres les conseils de la Sainte Vierge à Conchita. Elle ne peut l'emmener au Ciel « parce qu'elle a les mains vides de bonnes œuvres ». Efforçons-nous donc, avec la grâce de Dieu, de remplir nos propres mains, afin de quitter ce monde dans la satisfaction et la joie du devoir accompli. « La Mère et Meilleure Amie » de Conchita l'a laissée pleine de paix, de joie et de saints désirs de perfection.

    Pour nous stimuler dans notre lutte quotidienne, pensons aux craintes qu'a Conchita de retomber dans ses imperfections, si elle n'a plus le soutien continuel de ses visions. Combien plus sont justifiées ces craintes et ces chutes pour ceux qui n'ont pas eu le bonheur de vivre avec les yeux du corps les réalités du monde surnaturel!

    La Sainte Vierge a répété bien des fois qu'Elle venait pour toute l'humanité, pour tous ses enfants. « Elle nous aime beaucoup et désire notre salut. »

    Pour que l'assistance soit la plus grande possible le jour du miracle, Dieu nous envoie l'avertissement. Car ce grand miracle constitue l'ultime effort du Ciel pour convertir les pécheurs et nous éviter le CHATIMENT. [Conchita était seule aux Pins pendant cette apparition, parce que les gens du village s'étaient, à ce moment-là, rendus sur les lieux d'un accident: un camion avait été précipité dans le ravin longeant le chemin de Cosio à Garabandal. Les voyageurs qui revenaient du marché de Puentenansa sortirent tous indemnes de ce spectaculaire accident.]

LE VOYAGE DE CONCHITA A ROME

    La discrétion nous impose le silence sur les circonstances de la visite de Conchita à Rome et sur les détails de son voyage. Nous nous bornerons donc à écrire ceci: elle a été convoquée par le cardinal Ottaviani. Puis elle a demandé et obtenu la bénédiction du Saint Père pour son entrée prochaine au couvent. Enfin accédant au désir de ceux qui l'accompagnaient, elle est allée voir le Padre Pio. Conchita a écrit à son retour: « Tout a été très bien et nettement providentiel. Nous pouvons nous réjouir et être très reconnaissants à Dieu. »

    Aniceta, sa mère, avait promis à Conchita de la laisser partir pour Pampelune, dès son retour de Rome.

« La note négative » de Garabandal:

    Mari-Cruz représente, si l'on peut dire, la « note négative » de Garabandal. En effet, depuis quelque temps, elle nie avoir été favorisée des visites de la Dame.

    Sans minimiser l'importance de ce fait, il ne faut cependant pas oublier que toutes les apparitions d'origine divine et reconnues comme telles par le magistère sont passées par une phase de confusion.

    Il n'est pas surprenant que des événements qui postulent une intervention surnaturelle présentent des aspects contradictoires où se mélangent à la fois les arguments positifs et les arguments négatifs. Cette confusion justifie la prudence de l'Eglise et explique pourquoi Elle subordonne son jugement définitif à la pleine confirmation du miracle.

    Si le « problème » de Garabandal n'existait pas, si tout, depuis le début, y était clair, indiscutable, résolu, recommandé et appuyé par l'Eglise, la foi en Garabandal serait exempte de tout mérite et la réaction des foules aurait rendu impossible le développement normal de son histoire.

    Si l'affirmation de Conchita touchant la guérison des malades, le jour du miracle, était admise sans discussion par tout le monde, sans laisser part au moindre doute, ... ami lecteur, vous représentez-vous ce que serait la ruée vers Garabandal?

    Aussi la Providence de Dieu entoure-t-elle ces prodiges d'une certaine ambiance de contradiction que le Ciel se réserve de dissiper par un miracle spectaculaire, devant des témoins dignes d'une telle grâce. Notre Seigneur, dans son Evangile, ne parlait-Il pas en paraboles pour des raisons analogues? On peut le croire.

    Au terme de ce livre, nous constatons que l'activité apostolique de Marie est incessante et s'étend sur le monde entier. On parle de manifestations récentes au cœur de la Russie et en différents autres points du globe... :

    « Le jour du grand miracle, le prodige promis à Garabandal ne se produira-t-il pas simultanément chez tous les peuples qui ont vécu ou vivent des manifestations mariales analogues? »

    Il nous est également permis de le supposer.

    Nous pensons que telle sera la conclusion de l'étude actuellement en cours et que nous publierons en temps opportun, étude qui aura pour but de localiser au mieux les manifestations qui jaillissent ici et là comme des étincelles; nous les comparerons les unes aux autres, nous analyserons le contenu de leurs messages respectifs et la promesse de leur confirmation, concrétisée par un miracle public. Nous ne pensons pas qu'il soit folie de supposer qu'un tel événement puisse se produire au même jour et à la même heure en tous les lieux choisis par Marie.

    On verra se dégager à travers notre étude ce que nous pourrions appeler « l'aire géographique de l'activité céleste », car il ne fait nul doute que Marie s'efforce de sauver l'humanité à l'intérieur d'un plan conçu par la Providence et qu'Elle s'adresse à une humanité dispersée en de nombreux pays et continents.

    A tous doit parvenir la Voix de NOTRE DAME, qui apparaît environnée de splendeur et lance à chaque peuple, en sa propre langue et selon ses nécessités particulières. l'ANCRE du SALUT.

   fin
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