42.
Si ce que disent les petites filles est vrai, la Sainte Vierge «
a vécu » à Saint-Sébastien de Garabandal pendant
deux longues années. Nous ne pouvons pas ici relater en détail
ces manifestations continuelles. Les voyantes ont vécu avec la vision,
à toute heure du jour et de la nuit; Elle leur apparaît le
matin, après le déjeuner, ou vers six heures du soir ou au
petit matin. Le village est envahi de gens, qui dorment à peine,
vivant suspendus à ces phénomènes mystiques.
Pour donner une idée aussi juste que possible de l'ampleur des faits de Garabandal, nous allons transcrire au cours de ce chapitre quelques impressions des extases principales. Nous prendrons les témoignages de personnes de confiance, en racontant des anecdotes ou particularités qui permettent au lecteur de se faire une idée exacte et réelle de ces phénomènes. Notre information sera ainsi complète.
Préoccupation pour les prêtres.
43. « Oui, Elle veut que les prêtres viennent », ont répété les petites filles bien des fois après une de leurs visions (14 août 1961). Depuis, elles ne cessent de le redire, et elles montrent une prédilection spéciale pour eux, tant dans leurs prières que dans leur manière de les recevoir.

Lève toi, Mari Cruz
Car voici la Vierge bonne
Qui vient avec une corbeille de fleurs
Chercher sa petite fille chérie
et autres couplets du même genre. En diverses occasions, elles chantent ainsi à l'unisson des cantiques improvisés dont la cadence musicale est parfaite. Cela nous évoque la facilité avec laquelle les mystiques, en état d'extase, font des uvres artistiques. A ce sujet, on lit dans La Théologie de la Perfection Chrétienne du Père Royo Marin: « Nous allons grouper ensemble une série de phénomènes mystiques qui, sans être au vrai sens du mot des visions, locutions ou révélations, se réfèrent pourtant, en quelque sorte, à la connaissance. Ce sont des aptitudes spéciales, données aux âmes d'une manière surnaturelle ou infuse, dans le domaine des sciences et des arts. »
44. Le 16, elles parlent avec le Père Luis, et lui demandent ce qu'il voyait au moment où il avait crié: « Miracle ! Miracle ! », elles reçoivent des commissions spéciales pour son frère... etc... Les fillettes disent qu'elles ne le voient pas, mais qu'elles l'entendent et qu'il a la. même voix que sur la terre. La voix sort « d'une lumière semblable à celle du soleil, avec les rayons tournés vers le bas ».
Le soir du 20 août, reprenant une conversation qu'elles avaient eue avec lui avant sa mort, elles demandent au Père de leur apprendre des mots en langue étrangère les observateurs notent à mesure sur leurs blocs les mots qu'elles prononcent, d'abord en français, puis en latin, enfin en allemand.
L'important n'est pas tellement les mots eux-mêmes que leur prononciation, qu'elles modifient peu à peu, pour parvenir à une diction corrects. Les enfants paraissent vraiment entendre les mots dont elles répètent le son.
A travers les questions d'une des petites, les assistants reconstituent
le cortège funèbre du Père, ainsi que nombre de détails
impressionnants sur son enterrement, détails inconnus de son propre
frère. Celui-ci, qui écoute cette conversation surprenante,
n'en revient pas. Il vérifie par la suite l'exactitude des renseignements.
Dans une autre vision, le P. Luis leur apprend l'Ave Maria en grec.
A l'arrivée de l'apparition, elles lui demandent où est le Père Luis. La Sainte Vierge sourit... et les petites filles d'ajouter: « Pourquoi nous le diriez-vous, puisque nous le savons déjà ? »
45. Quand les petites attendent le soir une apparition qui ne se produit pas, elles ont besoin de récupérer leurs heures de veille. Par contre, si elles entrent en extase, elles n'ont aucun besoin, semble-t-il, de compenser le sommeil perdu pendant la vision. C'est ainsi qu'une fois Loli se couche à 6 heures du matin, et se relève pour la messe de 9 heures. Elle ne fait pas de sieste pendant la journée et n'accuse aucun symptôme de fatigue [Phénomène que rapporte l'histoire de Thérèse Neumann. Voir pp. 71 et suivantes de Stigmatisés et Apparitions.].
Le 21 août, en sortant de son extase, Jacinta dit: « La Sainte Vierge est partie très vite en disant qu'il y avait un groupe de personnes qui chantaient et faisaient la fête ». Plus tard, on rencontre en effet des gens qui se gaussent des événements et paraissent avoir trop bu.
Les fillettes ont une certitude tranquille de leurs visions. Jamais elles ne discutent, ni n'insistent avec quiconque, car, disent-elles, la Sainte Vierge leur a répété bien des fois que « ceux qui ne croient pas finiront par croire ».
Quand Monseigneur l'Evêque ordonne de fermer l'église pour éviter des manques de respect, les enfants en parlent à la Vision, qui leur recommande à nouveau d'obéir en tout à leurs parents, et plus spécialement aux prêtres.
Les enfants font le signe de la croix comme le leur a enseigné la Vision, d'un geste empreint d'une telle dignité qu'il leur a fallu, à coup sûr, un modèle.
Au cours de l'extase du 1er août, à trois heures trente, Mary-Loli montre à la Vision un feuillet sur lequel est inscrit le cantique de Saint Michel. Jacinta la regarde en riant et dit: « Mais si tu le tournes de ton côté, comment veux-tu qu'Elle le lise ? »
Le 31 juillet, Mary-Cruz, Jacinta et Loli ont une extase. Les deux premières reprennent vite leur état normal avec ce naturel qui leur est coutumier. Mary Cruz, voyant Loli toujours en extase et constatant l'orientation de son regard, dit, tout étonnée: « Pourquoi regarde-t-elle par là? Il lui faudrait regarder un peu plus par ici. »
Depuis plusieurs jours Mary Cruz n'a pas eu de visions quand la Dame lui apparaît, pour elle toute seule, avec l'Enfant Jésus, et lui repète ce qu'elle a dit aux autres dans les dernières extases. Mary Cruz avait manqué certainement quelques visions, parce que ses parents l'avaient consignée à la maison.
46. A une heure du matin, Conchita est chez elle.
Elle attend le troisième appel elle en a déjà eu
deux quand Don Valentin, d'après un plan concerté avec
le curé de Rivadesella et un autre prêtre, lui dit:
Je vais te donner trois avertissements
; si la Sainte Vierge ne t'appelle pas avant, tu iras au lit.
Comme vous voudrez, répond
la petite.
Don Valentin sort, puis revient très
vite en disant:
Dans un moment, je reviens te commander
de te coucher.
A peine a-t-il prononcé ces mots qu'elle tombe en extase.
Le 29 août, le frère de Conchita, devant l'importance de la foule, demande au curé s'il est d'avis de faire rentrer la voyante chez elle. Don Valentin se borne à faire un geste évasif des épaules. Le jeune homme, avec grand effort, réussit alors a porter dans la maison la petite très alourdie par son état d'extase. La porte étant restée ouverte, Conchita ressort aussitôt et dit à son frère, de la part de la Sainte Vierge, de ne pas recommencer à la prendre dans ses bras quand elle est dans cet état.
Ce même jour, la fillette touche de la main le scapulaire que la Vision porte suspendu au poignet, et elle explique: « Il n'est ni en tissu, ni en papier, m en bois, ni en métal, ni de chair... Je ne sais pas dire en quoi il est... »
Le 30 août, on l'entend dire en extase: « Quelle honte! Si Don Valentin l'apprend! S'il est ici et entend cela, il va le noter sur son petit bout de papier.
Dans les conversations du 31, les petites demandent, à l`instigation du curé, si la vision apparaît en corps et en âme. Loli au nom de la Vierge répond: répond: Non! Elle n`est pas présente de cette manière, mais c'est bien Elle. Les parents de la Sainte Vierge sont Joachim et Anne, son époux est saint Joseph. Les prêtres peuvent monter à Garabandal, mais si l'évêque l'a défendu, il faut d'abord obéir..., dit-elle encore... On demande aussi à la petite si l'on peut poser des questions à la Vision: Oui, répond-elle, lorsqu'il s'agit des choses de l'Eglise, mais il ne faut pas poser de questions sottes, comme cela arrive.
On ferme en général l'église à la tombée de la nuit, la porte restant entrouverte pendant la journée. Le 5 septembre, les petites entrent en extase et se glissent dans l'église. Don Valentin arrive et renvoie le public, laissant seulement dans l'enceinte sacrée les voyantes et leurs parents.
Il dit alors: « Par ordre de Monseigneur l'Evêque, sortez. »
Au même instant, les petites perdent leur état extatique, sortent de l'église tout à fait normales. Quand le curé leur demande pourquoi elles sont entrées, leur réponse unanime est; « La Sainte Vierge nous l'a ordonné.»
La dévotion au Très Saint Sacrement.
47. Au cours de leurs dialogues, les enfants comprennent la place exceptionnelle que mérite saint Joseph parmi les saints, comme époux de Marie. Elles recommandent la visite au Saint Sacrement. Le tabernacle est « ce que nous avons de meilleur dans les églises », disent-elles.
Le 8 septembre, le curé leur fait demander pourquoi ces phénomènes ont lieu la nuit. A cette demande, le visage de Apparition se couvre de tristesse.
Il semble que la Sainte Vierge ait choisi les heures où, en général, on offense le plus le Seigneur. Sans doute veut-elle ainsi mettre à l'épreuve l'esprit de pénitence de tous ceux qui viennent à Garabandal. Une sélection du public se fait forcément par le sacrifice et la gêne qu'entraînent les veillées passées en de telles circonstances. Au cours des apparitions mariales, les heures tardives, la distance ou les conditions atmosphériques ont toujours amené cette sélection. Les pèlerins qui se rendaient au miracle du soleil à Fatima durent marcher sous la pluie, par des chemins remplis de boue, toute la nuit de la veille. Il y a peu de temps encore, la montée au village de Garabandal était très difficile en voiture, et il faisait très mauvais le jour de la publication du message. Nous en reparlerons en temps voulu.
Dans une de leurs extases, sur l'ordre de la Vision, les trois petites filles doivent revenir chez elles, pour changer leurs robes contre des vêtements plus longs. « Nous devons toujours porter des robes aussi longues, surtout quand nous venons Vous voir », dit Conchita, en parlant à la Sainte Vierge.
Dans la plupart des extases, nous l'ayons vu, les enfants ont coutume de donner des objets à baiser à la Vision. Ces objets doivent être pieux; elles repoussent les bagues, sauf les alliances. Combien de fois s'est produit « le miracle » de la remise de l'alliance à son propriétaire! Les enfants vont à tâtons à la recherche de la personne à qui appartient la bague et la lui passent au doigt, sans se tromper.
Pendant l'extase du 12 septembre, Mary Loli se prépare à
mettre une alliance à la main droite. Soudain elle regarde en l'air
et dit: « Ah, non, pas là! »Et, se reprenant, elle la
passe sans se tromper au quatrième doigt de la main gauche. Il s'agissait
d une personne de Valence, province où l'on a l'habitude de mettre
les alliances à la main gauche.
Une seule fois, la Vision accepte un objet profane, au grand étonnement de l'entourage. C'est un poudrier. La petite demande à la Sainte Vierge: « Le Corps de Jésus a-t-il vraiment été mis là?» Il s'agit d'un poudrier qui a servi pendant la guerre de 1936 à porter la communion aux malades.
Pendant l'apparition du 15 septembre, la vision est peinée de voir que les enfants se sont servi de fards. L'une d'elles s'est peint les ongles pour s'amuser, et les autres les lèvres; pourtant elles ont très vite enlevé le rouge. « La Sainte Vierge nous a vues ainsi, pendant que nous étions chez Ceferino », disent-elles.
Le 17 septembre, Conchita met une alliance qui entre avec difficulté. Elle essaie de l'enlever sans succès; on frotte alors avec de l'eau et du savon, sans plus de succès. Elle tombe en extase, et, au moment de donner à baiser les alliances à l'apparition, celle qu'elle n'a pu retirer sort très facilement.
Le 19 septembre, on demande à Loli, qui est alors en extase, combien il y a de prêtres dans le village à ce moment même. Elle répond: « Trois, dont un porte un uniforme de garde civil! » En effet, un aumônier militaire du grade de commandant est venu voir ce qui se passe au village. Le 21 septembre 1961, Conchita et Mary Cruz entendent deux appels, elles ne reçoivent pas le troisième et n'entrent pas en extase. Loli et Jacinta ont, par contre, une extase de six minutes, à cinq heures cinquante de l'après-midi. Pendant cette extase, elles donnent des médailles et des chapelets à baiser à la Sainte Vierge.
Le 24, dans l'après-midi, on demande à Mary Cruz, qui est en extase, par l'intermédiaire de Conchita qui ne l'est pas, s'il y a un prêtre présent. Elle répond qu'il y en a un vêtu en laïc. En descendant des pins, on l'entend dire: « Je dois donner la main au prêtre? Faut-il qu'il descende à côté de moi? »
Effectivement, elle lui prend la main sans le regarder et descend avec lui au village.
Pendant l'extase du 31 août,
Jacinta parle à haute voix: « La Sainte Vierge informe qu'il
y a dans l'assistance un curé dont la soutane est retroussée
sous sa vareuse ». Le prêtre, très impressionné,
s'avance et lui remet son crucifix, pour qu'elle l`offre à la Vision.
En le lui rendant, elle ajoute: « Ce crucifix vient de Rome, le Pape
vous l'a donné.»
Le prêtre confirme la vérité
du fait.
Pendant l'extase du 2 octobre, Loli rend directement à son propriétaire une médaille, après que la Sainte Vierge l'a baisée, bien qu'intentionnellement on la lui ait remise par l'intermédiaire de trois personnes successives, afin de Faire disparaître complètement l'identité du propriétaire. La petite la rend pourtant, sans aucune hésitation.
Le même fait se produit aussi avec une autre personne, d'une manière beaucoup plus spectaculaire; la fillette va et vient dans l'assistance, cherchant la propriétaire; elle consulte l'apparition jusqu'au moment où elle trouve cette personne.
Le 8 octobre, il n'y a pas d'apparition; Loli est au lit avec un gros rhume. Mary Cruz et Conchita descendent en voiture à Cosio et, au retour, elles arrivent en retard à l'église pour le chapelet. Conchita charge Jacinta, si elle voit la Sainte Vierge, de lui demander pardon pour ce manquement.
Faites un miracle pour ceux qui croient
48. Le 1er septembre Conchita en extase dit: « Que le miracle est beau! Que j'aimerais que Vous le fassiez vite! Pourquoi ne le faites-vous pas? Faites-le seulement pour ceux qui croient, puisque les autres, cela leur est égal! »
Le 16 octobre, Maria Dolorès glisse une alliance au doigt d'une dame et, en prenant une autre, elle passe et repasse parmi les gens de l'assistance et finit par s'arrêter devant un inconnu; ce monsieur est le mari de la dame qui a remis les alliances à l'enfant.
Pendant cette même extase, un étranger qui vient pour la première fois à Garabandal, entre dans la maison. Il porte dans ses bras un enfant malade. Le petit pleure convulsivement. La voyante se dirige aussitôt vers lui et le marque du signe de la croix. A l'instant, l'enfant cesse de pleurer et sourit. Le père, tout ému, explique: « Je ne l'ai jamais vu sourire jusqu'à aujourd'hui. » Au sortir de l'extase Mary Loli demande où se trouve l'enfant malade qui est venu dans les bras de son père, et, s'approchant de celui-ci, lui dit: « La Sainte Vierge m'a chargée de vous dire de ne pas vous préoccuper. » Au même moment, Jacinta en extase entre, venant du dehors, et demande la même personne pour lui confirmer la promesse de la Sainte Vierge.
Ce même jour, un prêtre des Asturies, en laïc et totalement
sceptique, voit une des petites s'approcher de lui et lui donner un crucifix
à baiser plusieurs fois: « Si tout cela est vrai, pense-t-il,
que la petite revienne à elle. » A l'instant elle sort de
son extase, sourit au prêtre et commence à rentrer chez elle.
Quelques pas plus loin, elle retombe en extase. Le prêtre pense alors
en lui-même: « Si elle m'a fait baiser la croix parce que je
suis prêtre, je veux qu'elle me le montre de nouveau, en me redonnant
le crucifix à baiser et qu'elle trace en outre plusieurs fois le
signe de la croix sur moi. » Elle n'a encore jamais fait cela sur
personne. Mais il finit à peine de formuler cette demande, que l'enfant
se dirige vers lui, « sourit et, non seulement me fait baiser le
crucifix, mais elle trace sur moi trois signes de croix de suite ».
La surprise du prêtre augmente quand, à l'imitation des personnes qui font signer des photos par les petites, il leur en remet une qui lui revient avec une dédicace où il est fait allusion à son état sacerdotal.
Les enfants demandent, sur l'ordre du curé, pourquoi l'apparition porte des vocables différents. Elles obtiennent la réponse suivante: « Je suis Marie, la Sainte Vierge, et il n'y a qu'une Sainte Vierge.»
Un jour, le curé de Cosio, qui a quelques doutes sur le caractère surnaturel des événements de Garabandal, s'approche tout prés de la voyante pendant qu'elle parle à la Vision, et il entend très nettement cette question: « Don Valentin croit donc moins aujourd'hui? » Le curé en est très impressionné, car il n'a communiqué ses doutes à personne.
49. Dans une apparition datée de la première quinzaine de novembre, la Sainte Vierge dit aux petites qu à partir du samedi 18 elles ne La verront plus, jusqu'au 13 janvier. Et il en est ainsi.
Une jeune Française de religion juive, appelée Catherine, monte à Garabandal, accompagnée d'une amie catholique, qui l'instruit à ce moment-la dans notre foi. Conchita lui demande quand on va la baptiser. Catherine répond qu'elle n'a que dix-neuf ans et que ses parents ne le lui permettront pas avant ses vingt et un ans accomplis. A sa demande Conchita récite alors l'Ave Maria en grec et quelques phrases en français, que lui a apprises le Père Andreu. Dans la soirée, elles vont ensemble au chapelet et les fillettes ne se lassent pas de regarder Catherine, tellement elles sont intéressées par son cas. Ensuite, elles se rendent chez Ceferino, où se trouve Mary Loli. Celle-ci a, en effet, un appel. Peu de temps avant d'entrer en extase, la petite fille va dans sa chambre prendre un flacon d'eau bénite (on lui avait conseillé d'en porter pour se défendre du démon). On demande alors à Loli et à Jacinta combien d'appels elles ont eus. Elles répondent: « Trois, moins un petit peu. » En effet, quelques instants après, elles entrent en extase et on les entend parler avec la Vision: « Elle n'est pas catholique, elle a seulement 19 ans... Elle n'est pas baptisée.»
Puis elles commencent à offrir à la Sainte Vierge des médailles
et Jacinta cherche, sans la trouver, celle que lui avait remise Catherine.
Loli prend ensuite le flacon d'eau bénite; il reste fort peu d'eau,
car elle l'a répandue sur le plancher de la chambre avant d'entrer
en extase, et elle lance le contenu en l'air. Il se produit alors un phénomène
étrange: l'eau reste comme concentrée eu l'air au-dessus
de Catherine et retombe sur elle en pluie, sans s'éparpiller hors
de sa tête. On pense que ce phénomène est en relation
avec le baptême que Catherine veut différer. La Sainte Vierge
a ri ont-elles raconté quand elles lui ont dit qu'elles apportaient
l'eau bénite à cause du démon. Quand elles ont parlé
de Catherine, la Vision leur dit de lancer en l'air le contenu du flacon
: « qu'elles verraient bien se qui se passerait », À
la suite de cet étrange événement, et de tout ce qu'elle
a vu et entendu à Garabandal, Catherine a embrassé, peu après,
la religion catholique.
A partir de novembre 1961, les apparitions sont moins fréquentes; par contre les petites connaissent les dates exactes de chacune des visions. Nous transcrivons à ce sujet une lettre du Docteur Ortiz Perez, de Santander, qui dit ceci :
« En ce qui concerne les faits de Garabandal, il est surprenant de voir l'exactitude avec laquelle se déroulent les visions ».
Je me souviens, lors de l'un de nos bavardages avec les enfants, de cette réflexion: « Quand la Sainte Vierge nous annonce que nous la verrons, Elle ne manque jamais son rendez-vous. » Il n'en est pas ainsi quand nous-mêmes nous le lui demandons avec insistance; pourtant, elle nous l'accorde quelquefois.
J'ai pu me rendre compte du grand désir qu'elles ont de voir la Sainte Vierge très souvent: « Eh, si la Sainte Vierge nous apparaissait...! Je pourrais bien la voir maintenant...! » Toutes les conditions requises pour une autosuggestion se trouvent réunies; pourtant, rien de ce genre ne s'est jamais produit.
Il me semble que ces remarques sont intéressantes pour prouver que ces enfants ne sont pas vicitimes d'un phénomène d'autosuggestion.
Je vous communique les notes que j'ai prises pendant notre séjour à Garabandal, le 8 décembre dernier: Maria Dolorès annonce qu'elle verra la Sainte Vierge le 13 janvier; Mary Cruz et Jacinta le 16; Conchita le 27. Le 9 décembre, celle-ci dit à ma femme, au moment où elle descend de la ruelle après avoir dit le chapelet : « Que le temps me paraît long, jusqu'au 27 !... Ensuite, je la verrai sans interruption! » Le fait de « La voir sans interruption », nous fait supposer qu'elle l'a su dans sa dernière vision, puisque jusqu à cette date elle ne se réfère qu'au 27.
Je vous envoie des nouvelles du petit garçon de Barcelone, qui a été guéri, semble-t-il, d'une manière si surprenante. Ces nouvelles ont été données directement par la famille au brigadier de la Garde Civile de Puentenansa. »
Quand elles entrent en extase elles tombent à genoux comme du plomb
et instantanément. Choisissant cet instant précis dans un
de nos films, nous avons essayé de le passer au ralenti, sans jamais
arriver à obtenir les diverses phases de la chute? En une seule
seconde, elles passent de l'état normal à l'état extatique.
Comment de telles chutes sur des pierres aux dures arêtes ne leur
causent-elles ni blessures, ni douleurs?
Conchita, pendant une extase, marche à travers les rues sur les genoux. Les bas qu'elle porte restent intacts, malgré le mauvais état du terrain.
Pendant la vision du soir du 27 janvier 1962, on remet à Conchita une médaille avec sa chaîne. La chaîne est fermée par un fermoir de sécurité, d'un mécanisme compliqué. Conchita ne peut l'ouvrir; elle dit à la Vision: « Il est cassé, je ne peux pas, voulez-Vous le lui mettre ?... » A l'instant la chaîne est suspendue au cou de sa propriétaire, bien que la voyante ne connaisse pas le maniement compliqué du fermoir.

Etant donné leur âge et leur complexion, ces petites devraient être exténuées; la durée et la fréquence de leurs extases auraient dû provoquer chez elles une maladie caractérisée. Pourtant leur aspect et leurs réactions révèlent un état de santé parfait.
Tu n'y croyais pas, mais maintenant tu crois.
50. Un sceptique arrive un jour à Garabandal. Il assiste à une des manifestations courantes en ce lieu et se met à penser en lui-même: « Pour que j'y croie, il faut que cette petite retire mon chapelet de son étui et me le remette. »
A l'instant, la fillette en extase s'approche de lui, lui remet le chapelet et lui dit, à la stupéfaction de tous: « Tu n'y croyais pas, mais maintenant, tu y crois. »
Une dame demande à Mary Loli si la Sainte Vierge est triste et la petite de répondre: « La Sainte Vierge ne peut pas être triste, parce qu'Elle est au ciel. » « Je le sais bien, dit la dame, mais je te demande si Elle est triste à cause des péchés du monde. » A quoi la petite répond: « Quant à ça, nous le sommes tous... » Qui peut donc leur enseigner de telles réponses?
Ce n'est pas notre propos d'entrer ici dans le détail des guérisons inexplicables et des miracles particuliers, car il peut s'y glisser un facteur de caractère personnel qui fausse les choses. Nous nous bornerons à dire que de tels prodiges sont attribués en grand nombre à la Vierge de Garabandal. Parmi ceux-ci, nous citerons la guérison surprenante, selon les médecins et la famille, du fils de Don Antonio Soldevilla. Et celle de Don Juan Fontanillas Bui. Ce jeune homme de dix-sept ans, après un accident de moto, était entré à l'hôpital de San Pablo de Barcelone le 5 octobre, dans un état désespéré. Il ne reprit connaissance que le 14, date à laquelle on lui fit deux opérations sans succès, et l'on prévint sa mère qu'il était perdu. Le soir, on lui imposait une croix baisée par la Sainte Vierge, et à l'aube du 15, il se réveillait absolument normal, ses plaies guéries. On raconte aussi la guérison merveilleuse d Antonio Salcedo Fornall, de Chiclana de la Frontera, etc., etc... Mais l'objet de ce livre n'est pas de traiter un sujet si délicat, qui échappe d'ailleurs à notre compétence.
Les petites filles interprètent les enseignements de la Vision, en donnant l'exemple d'un grand esprit de pénitence. Elles se lèvent à six heures du matin pour réciter le chapelet au « cuadro ». Pour faire pénitence, elles mettent des piquants secs dans leurs bottes; il leur arrive de marcher pieds nus sur des épines, etc..., etc... Les phénomènes d'hystérie se déroulent, en général, dans une ambiance beaucoup plus confortable.
Un soir arrive de Santander un groupe de personnes, parmi lesquelles se trouve un artiste. Celui-ci remet à Mary Loli une médaille dessinée par lui. On entend alors la petite dire: « Il y a ici un peintre qui voudrait savoir si Vous êtes bien sur cette médaille. Vos images sont si laides en général! Et pourtant Vous êtes si jolie!... Ah, Vous Vous trouvez bien..? »
Le peintre, penché sur la petite, est visiblement ému.
Ascencion de Luis, en date du 18 mars 1962, nous fait le récit suivant: « Loli sort de chez Jacinta et, toujours en extase, se met à parcourir le village en disant le chapelet. Elle paraît marcher d'un pas normal, et, pourtant, nous sommes obligés de courir pour la suivre. Elle continue ainsi jusqu'à la ruelle, par un cnemin hérissé de pierres qui rend la marche difficile. La petite monte et descend à reculons, avec une rapidité inexplicable.»
Le rapport d'un chanoine, rattaché à un diocèse catalan,
en date du 9 mai 1962, dit: « Le dimanche de Pâques, Don Valentin
prie Notre Seigneur de bien vouloir l'éclairer une fois pour toutes
sur la vérité des apparitions de la Très Sainte Vierge
aux fillettes. Comme preuve, il demande, si ces apparitions sont vraies,
que les petites viennent en extase, cette nuit même, pendant son
sommeil, qu'elles le réveillent, le marquent du signe de la croix
et lui donnent à baiser le crucifix. A deux heures du matin exactement,
une des petites, en extase, se présente à la porte de Don
Valentin, et commence à frapper. Comme tout le monde dort, personne
ne répond, mais la petite insiste si violemment qu'on lui ouvre.
Don Valentin dort toujours et ne sait pas que la petite est dans la maison.
Elle arrive en extase jusqu'à la chambre du curé. Sans avertir
elle entre et lui pose le Christ sur la bouche, ce qui le réveille
en sursaut. La petite le bénit alors plusieurs fois avec le crucifix
et sort finalement en souriant de la chambre.»
Don Valentin a été « puni » pendant deux mois dit le même rapport par I administrateur apostolique, ancien évêque auxiliaire de Santander, qui l'accuse de fomenter les événements de Garabandal. C`est là, à mon sens, un des faits qui plaident le plus en faveur de ceux-ci.
Il existe des lettres impressionnantes de Conchita, dans lesquelles elle répond, d'un style maladroit, au nom de la Sainte Vierge, à des demandes formulées dans la prière, à l'insu de la petite qui accomplit ainsi ses fonctions de simple messagère.
Etonnante aussi la conversion de ce protestant, Don Maximo Foerschler, résidant à Madrid, dont nous transcrivons une lettre, datée du 29 mars 1962, adressée à Don Rafaël Fontaneda Perez.
« Je vous écris, pour vous faire part de ma joie, car, dimanche prochain, si Dieu le veut, j'embrasserai la religion catholique comme vous et je recevrai la communion des mains du Père jésuite Ramon Andreu, aussitôt après mon baptême qui aura lieu dans l'intimité.
« C'est tout ce que j'avais à vous dire, avec une grande émotion et une grande joie.»
Particularités de certaines extases.
51.
Quand les enfants entrent en extase en portant un objet, si elles n'ont
pas eu le temps de le lâcher, on ne peut le leur retirer. La même
chose se produit, quand elles tiennent quelqu'un par le bras. Elles restent
accrochées à cette personne pendant toute l'extase, l'obligeant
ainsi à se déplacer et à s'agenouiller avec elles
pendant toute la durée du phénomène.
Le 17 mars 1962, Loli fait baiser à la Vision différents objets, entre autres un reliquaire appartenant au marquis et à la marquise de Santa Maria, qui ont eu l'occasion d'assister à de très nombreuses manifestations mystiques des petites voyantes. Dans ce reliquaire se trouve une parcelle de la vraie Croix, dont on ne connaît pas au juste la provenance et dont la Vision confirme l'authenticité. La voyante veut ensuite faire baiser l'alliance que la marquise porte au doigt, mais, au lieu de la lui enlever, elle prend sa main, l'approche des lèvres de l'apparition, en faisant tourner la bague autour du doigt, pour que la Sainte Vierge la baise tout autour.
Le jour de la fête de saint Joseph, Loli en extase écrit sur un papier, en s'abritant de la main, pour que personne ne puisse lire: « A Don José, bons souhaits de fête de la part de Loli. » Ce Don José est un prêtre, arrivé ce jour-là à Garabandal incognito. Puis, elle prend une autre image, et écrit: « A Don José, souvenir de la Sainte Vierge. » Pendant qu'elle écrit, son père lui met la main sur les yeux, pour vérifier que l'enfant ne voit pas, en extase, ce qu'elle fait.
Dans un rapport du 15 avril 1962 que nous avons sous les yeux, il est dit: « Dans la maison de Conchita, se trouvent ensemble un prêtre en soutane, un autre en laïc, un jeune homme qui les accompagne, et mon camarade. Le jeune homme demande à Conchita si elle a pensé à demander à la Sainte Vierge la réponse aux trois questions posées, et la petite de dire: « Oui, mais la Sainte Vierge demande de te répondre par lettre, quand tu m'écriras, car tu as l'intention de poser bien plus de trois questions. »L'entourage est ahuri de cette réponse. « Combien y en a-t-il? insiste le jeune homme? Cinq », répond Conchita. Mais elle ne sait pas l'objet de ces demandes. Mon camarade considère cette histoire comme un cas évident de lecture dans les âmes; or, il s'agit d'une personne qui se fait particulièrement scrupule de ne pas affirmer des faits pour lesquels il n'existe pas d'explication rationnelle.»
« Lors d'une extase, Loli va de l'un à l'autre, nous marquant tous du signe de la croix. Mais une personne, qui avait déjà reçu ce signe, change de place; la petite, en arrivant à l'endroit où elle se trouve, passe outre.
Les phénomènes de Garabandal sont à l'origine d'une infinité de conversions et de vocations religieuses.
Les fillettes demandent, sur l'ordre de la Sainte Vierge, qu'on construise dans les pins un oratoire dédié à saint Michel. C'est lui qui leur est apparu au début, et qui les a préparées à recevoir la Dame et à Lui parler.
Quand elles sont en extase, la lumière dirigée sur leurs
yeux ne les fait pas ciller. Ce fait a été vérifié
au cours d'une prise de vue. Les puissants réflecteurs ne font pas
la moindre impression sur elles ; par contre, dès qu'elles sortent
de l'extase, elles réagissent immédiatement, et se couvrent
les yeux, qui ne peuvent supporter cette lumière aveuglante.
Nous terminerons ce chapitre en rappelant le cas d'une personne qui se
trouvait dans le coin le plus reculé de la maison, où les
petites étaient en extase. Elle fit la prière suivante: «
Si mes confessions antérieures ont été bonnes, que
la petite vienne à moi et me fasse baiser le Crucifix.» Immédiatement,
l'une des petites voyantes, à genoux, se sépare du groupe
et s'approche, en extase, de cette personne. PHOTO: Chute
extatque. L`attitude des petites voyantes reste toujours pleine de modestie.
Ces courtes impressions donneront un
aperçu assez exact, pensons-nous, du relief et de la profondeur
des phénomènes que nous avons voulu retracer.
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