II. L'OBEISSANCE SACERDOTALE

par M. L'ABBE JOSE RAMON GARCIA DE LA RIVA, curé de Barro (Llanes). Asturies. Espagne.

    Il me paraît important de présenter la justification morale de mes voyages à Garabandal malgré les Notes d'interdiction ou les mises en garde successives de l'évêché de Santander.

    Le 23 août 1961, j'écrivis à l'Administrateur Apostolique de ce diocèse qui n'était pas le mien, don Doroteo Fernandez. Et cela de Garabandal même, et à un moment où il n'existait encore aucune Note à ce sujet. Je voulais lui faire part loyalement de mon sentiment sur ceux qui se disaient membres de sa Commission diocésaine, et que je venais de rencontrer au village, à l'occasion de ma première visite. (Je parlerai plus loin de cette rencontre, à mes yeux très importante).

    Je disais en substance à Mgr. Fernandez deux choses:
1. je ne peux décerner aucun éloge à cette Commission.
2. à mon sens, elle doit être changée.

* * *

    Peu après la première Note de Santander datée du 26 août 1961, j'écrivis deux autres lettres: l'une à mon propre évêque, Mgr. don Segundo Sierra Mendez, archevêque d'Oviedo, mon diocèse; l'autre à l'Administrateur Apostolique de Santander précité. Je demandais à chacun l'autorisation de faire une retraite de dix jours "dans un endroit qui me paraissait très favorable au recueillement, à savoir Garabandal même". En même temps, j'exprimais clairement le désir de pouvoir étudier les extases avec soin et sur le terrain.

    Mon archevêque ne me répondit pas. Par contre don Doroteo le fit et en profita pour m'accuser réception de ma lettre du 23 août précédent.

    Il me disait: 1. Vous avez pu vous rendre compte par la presse que la présence des prêtres n'est pas souhaitable à Garabandal. Par conséquent je ne peux vous donner une autorisation écrite. 2. L'interdiction formulée dans la Note n'est pas formelle. 3. Je vous remercie de votre lettre du 23 août et des appréciations qu'elle me donne sur la Commission.

    Nuancé de la sorte, ce langage me parut clair: il me ménageait une porte de secours, une porte de sortie, et je compris que je pouvais profiter des occasions que j'aurais à portée de la main.

* * *

    Indépendamment de ces occasions qui se présentèrent irrégulièrement, mais assez souvent, je montais au village 10 ou 15 jours chaque été.

    Auparavant, j'écrivais à l'évêque occupant le siège de Santander à ce moment-là, pour lui signaler mon intention et en déterminer les dates. J'ajoutais chaque fois: "Monseigneur, si vous me l'interdisez, faites-le moi savoir; sinon, il n'est pas nécessaire de me dire que vous êtes d'accord". Jamais je ne reçus de réponse négative.

    Une année, n'ayant pas pu écrire à Mgr. Beitia en temps utile, je l'appelai directement au téléphone.

    "Vous pouvez monter à Garabandal autant de fois que vous voulez, me répondit-il. Mais je précise bien que vous, les prêtres qui montez fréquemment là-bas, vous devez tâcher de ne pas donner de témoignage public de ces événements".

* * *

    Au temps de Mgr. Puchol (qu'il repose en paix), je n'ai pas cru opportun de demander l'autorisation. Je gravissais le chemin qui va de Cosio au village mais je n'entrais pas dans celui-ci. Je n'en ai franchi les limites qu'après la Note du 17 mars 1967 que tout le monde connaît.

    Ne disait-elle pas que tout pouvait s'expliquer naturellement? Que tout n'avait été qu'un innocent jeu d'enfants? C'était affirmer que "rien de rien" ne s'était passé à Garabandal. Puisqu'il en était ainsi l'interdiction manquait évidemment de tout fondement juridique.

    Depuis lors, je suis remonté fréquemment sur place, et cela jusqu'à présent.

*    *    *
par M. L'ABBE JOSE RAMON GARCIA DE LA RIVA
"MEMOIRES UN CURÉ DE CAMPAGNE ESPAGNOL"
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