Ce chapitre est des plus importants, en ce qui concerne la Très Sainte Vierge, ambassadrice du Christ dans ce village exceptionnellement chéri de Dieu...
Je me limiterai à relever quelques notes du journal de Conchita — du manuscrit — relatant avec simplicité merveilleuse tout ce que nous pouvons savoir de Notre Mère du Ciel à Garabandal.
Conchita nous parle pour la première fois de la Vierge, le samedi 1er juillet, veille de Sa première apparition. Conchita nous dit:
" Ce jour-là, l'Ange nous dit que la Vierge Marie viendrait le dimanche sous le vocable de Notre-Dame du Mont Carmel... Je reviendrai demain avec la Vierge nous dit-il...
... La Vierge nous apparut, deux anges l'accompagnaient...
... Ce jour-là nous parlâmes beaucoup avec la Vierge, et Elle avec nous. Nous lui disions tout: que nous allions tous les jours au pré, que nous étions bronzées, que nous mettions l'herbe en tas... Et elle riait de tout ce que nous Lui disions...
... Nous récitâmes le chapelet en la regardant. Et Elle priait avec nous pour nous apprendre à bien réciter. A la fin du chapelet, Elle nous dit qu'Elle s'en allait. Nous lui dîmes alors de rester encore un tout petit peu, qu'Elle était restée très peu de temps. Elle riait et nous dit qu'Elle reviendrait le lundi. Lorsqu'Elle partit, nous eûmes beaucoup de peine ".
"Ainsi se termina le dimanche 2 juillet, jour très heureux car nous avions vu la Vierge pour la première fois. Nous sommes toujours avec Elle, quand nous le voulons ".
Conchita nous fait ensuite une description admirable de la Vierge:
"La
Vierge vient avec une robe blanche, un manteau bleu, une couronne de petites
étoiles dorées; on ne lui voit pas les pieds... Elle porte
le scapulaire sur le poignet droit. Le scapulaire est marron. Ses cheveux
sont longs, châtain foncé, la raie au milieu; sa figure est
allongée, le nez fin et long, la bouche très jolie avec des
lèvres légèrements fortes. Elle a le teint hâlé,
plus clair que celui de l'Ange, d'une couleur différente. Sa voix
est très belle, elle a un timbre très curieux, je ne sais
l'expliquer. Aucune femme ne ressemble à la Vierge, ni dans la voix,
ni en rien. Parfois elle porte l'Enfant Jésus dans les bras. Il
est tout petit, comme un nouveau-né; Il a un petit visage rond,
son teint ressemble à celui de la Vierge; Il a une toute petite
bouche; ses cheveux sont un peu longs, ils sont blonds; ses mains sont
petites; il porte un vêtement comme une tunique bleue".
Conchita nous relate avec simplicité, l'apparition de la Vierge avec l'Enfant Jésus qui eut lieu le lendemain 3 juillet 1961. Les petites font fête à l'Enfant, mais la Vierge ne les laisse pas l'emporter avec elles...
"Comme nous arrivions au Cuadro, la Vierge nous apparut avec l'Enfant Jésus; mais les anges n'étaient pas là. La Vierge était toute souriante et l'Enfant Jésus également. Tout d'abord, nous demandâmes où étaient Saint Michel et l'autre ange, et Elle souriait.
Certaines personnes et nos parents nous donnaient des objets pour que nous les fassions baiser par la Vierge et Elle les embrassait tous. Il nous plaisait de faire fête à l'Enfant Jésus; pour cela nous ramassions des pierres; moi je les mettais dans mes tresses, Loli les mettait dans ses manches; Jacinta les lui tendait. Il ne les prenait pas, mais il souriait beaucoup. Mari-Cruz lui disait: "Si tu veux, je te donne des bonbons qu'on m'a apportés; si tu viens avec moi, je te les donne". Mais Lui ne disait rien. La Vierge parla beaucoup, mais Elle ne nous permit pas de le faire.
L'apparition commença à 7 heures et demie et se termina à 8 heures. Lorsqu'Elle nous dit: "Demeurez en Dieu et en Moi aussi". Nous eûmes beaucoup de peine. Nous lui dîmes au revoir, et Elle dit pour finir: "Demain, vous me reverrez".
" Le 4 juillet arriva...
... La Vierge était toujours souriante. Ce qu'Elle nous dit tout d'abord fut ceci; "Saviez-vous ce que signifiait l'écri-teau que l'Ange tenait au-dessous de lui ?".
— Non, nous ne le savons pas.
Alors Elle nous dit: "C'est un message que je vais vous expliquer pour que vous le rendiez public le 18 octobre. Elle nous le dit alors. [Le texte de ce Message figure chapitre XXV.]
Le lendemain, Elle nous dit qu'Elle nous l'expliquerait plus tard. Elle nous expliqua par la suite ce que voulait dire le Message et comment nous devions le faire connaître. Elle nous dit que nous devions le dire devant le portail de l'église et que le 18 octobre il nous faudrait le communiquer à don Valentin, pour que lui le lise aux Pins, à 10 heures et demie du soir.
La Vierge nous dit cela pour que nous le fassions ainsi.
Le 17 de ce mois d'août 1961 eut lieu un fait, qui se répétera par la suite, et qui nous montre la tendresse de la Vierge pour ces quatre petites filles angéliques. Conchita écrit:
"Le lendemain, à la même heure que l'autre jour, la Vierge nous apparaît à toutes les quatre; Elle resta quelques instants souriante, mais ne nous dit rien. Quelques minutes plus tard, nous nous sommes trouvées dans la nuit et nous entendîmes la voix qui nous appelait (la Vierge leur avait dit la veille qu'elles entendraient une voix mais qu'elles ne devaient pas craindre).
Mari-Cruz. s'écria: "Dis-nous qui tu es, sinon nous retournons chez. nous! "Pendant que nous entendions cette voix, tout était sombre et nous ne voyions pas la Vierge; mais dès que la Vierge revenait, tout redevenait lumineux. Elle nous dit: "N'ayez, pas peur"!
Ensuite Elle nous parla un moment. C'est ce soir-là précisément que la Vierge nous embrassa l'une après l'autre; ensuite Elle s'en fut".
Dans la dernière partie du chapitre VII je parle de ces baisers que les petites posaient sur chaque joue de la Vierge avec tendresse, à la fin des extases. La Vierge ne cesse pas d'être mère en employant ces témoignages de tendresse maternelle.
C'est dans ce passage que je viens de citer que Conchita nous fait mention du premier baiser de la Vierge aux petites filles ravies...
Conchita continue:
"Le lendemain (18 août), presque à la même heure, la Très Sainte Vierge nous apparut à nouveau, et la première chose qu'elle nous dit fut de réciter le chapelet.
Nous, bien sûr, comme nous n'avions pas l'habitude de commencer. Elle nous dit: "Je vais commencer et vous répondrez".
Elle priait très lentement.
Ensuite nous récitâmes "Je vous salue Marie", la même chose que lorsqu'on dit le chapelet, mais très lentement.
Arrivées au Salve, Elle nous dit de le chanter, ce que nous fîmes. A la fin du chapelet, Elle nous embrassa et avant de partir, Elle nous dit: "Je reviendrai demain".
Le lendemain (19 août 1961), comme Elle nous l'avait dit. Elle vint et nous dit comme la veille: "Récitez le chapelet", ce que nous fîmes.
Ce soir-là, nous allâmes dans les endroits où la Sainte Vierge nous était apparue, au commencement. Les gens nous ont dit ensuite qu'étant en extase, nous étions montées vers les Pins, et qu'à genoux, nous étions allées d'un pin à l'autre en priant".
Conchita nous révèle maintenant un détail important:
"Jusqu'à présent, dans toutes ces extases, nous avons été ensemble, Jacinta, Mari-Loli, Mari-Cruz. et moi. Mais nous commençons maintenant à tomber en extase séparément et chacune chez. soi. La Vierge nous appelle ainsi séparément, mais en extase nous la voyons toujours".
Autre signe de tendresse maternelle à signaler:
"Mari-Cruz, avait déjà eu une apparition plus tôt, et elle était allée se coucher; nous avons demandé à la Vierge qu'elle nous apprenne quelques couplets pour les chanter à Mari-Cruz.. Nous inventions quelques paroles et Elle nous aidait pour le reste, de la façon suivante:
Lève-toi, Mari-Cruz,
Voici venir la Vierge bonne,
Avec un petit panier de fleurs
Pour sa petite fille.
Mari-Cruz, Mari-Cruz
Nous avons du chagrin pour toi,
Prie beaucoup la Sainte Vierge
Qu'Elle revienne te voir.
Mari-Cruz, Mari-Cruz,
Ne sens-tu pas les lys?
La Vierge te les apporte
Pour que tu sois bonne.
Cette nuit-là, la Très Sainte Vierge resta avec nous de 9 heures du soir à 7 heures du matin. C'est cette nuit-là que nous avons joué à cache-cache avec Elle. Deux d'entre nous se cachaient, deux autres cherchaient".
La Très Sainte Vierge nous avait demandé à toutes les quatre, d'aller réciter le chapelet au Cuadro. Nous y allions quelquefois à 6 heures du matin, parfois plus tard.
Jacinta et Mari-Cruz allaient à 7 heures du matin, Loli n'avait pas d'heure fixe. Mais comme ça n'arrangeait pas Mari-Cruz de se lever si tôt, elle décida de s'y rendre plutôt à 8 heures. Jacinta y allait à 6 heures, accompagnée de sa mère et de personnes du village qui toujours nous accompagnaient.
Pendant la semaine Sainte, la Vierge nous demanda d'y aller à 5 heures du matin, ce que je fis (car la Sainte Vierge voulait que nous fassions toujours pénitence)".
Mentionnons ici — pour souligner les annotations de Conchita — que lorsqu'on
demandait aux petites pour quelle raison la Vierge venait à des
heures si tardives, elles répondaient que la Vierge leur avait dit
que c'était alors qu'il se commettait le plus de péchés
dans le monde et qu'elles devaient faire pénitence... Et c'était
pour elles une pénitence, et non des moindres, que de rester en
éveil jusqu'à ce que la Vierge vienne leur rendre visite
tard dans la nuit, ou très tôt le matin. Elles accomplissaient
cette pénitence parce que la Vierge le voulait ainsi, et aussi parce
qu'elles désiraient La voir de nouveau.
Elles restaient alors éveillées ou bien elles sommeillaient sur une chaise ou sur un tabouret, appuyées au mur ou sur une table, mais hors du lit. A moins évidemment que leurs parents n'en aient décidé autrement, car la Vierge leur avait dit qu'elles devaient leur obéir avant tout.
Dès le début des apparitions, la Vierge se mit à la portée des petites pour capter leur attention et leur confiance et parvenir ainsi au but fixé. La mère ne cesse d'être mère lorsqu'elle joue avec ses petits enfants. C'est même là l'un de ses rôles.
Quelques prêtres et fidèles virent là une raison pour nier tout caractère surnaturel à ces faits historiques.
Par la suite la Vierge s'intéressa à leur vie spirituelle, leur apprenant la vie de la grâce, et certaines vertus, tout en adaptant sa pédogogie à leurs possibilités de compréhension.
La Vierge suppléa toujours au rôle du prêtre en tant qu'éducatrice "extraordinaire" lorsque le prêtre n'accomplissait pas son ministère ou ne pouvait pas l'accomplir. Elle veillait maternellement sur la vie spirituelle de ses jeunes enfants.
par M. L'ABBE JOSE RAMON GARCIA DE LA RIVA
"MEMOIRES UN CURÉ DE CAMPAGNE ESPAGNOL"
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