XXV. CONCLUSION

1. Réflexions

    Depuis longtemps déjà, Garabandal fait son chemin dans les milieux qui croient qu'il s'agit d'une intervention directe du Ciel. La diffusion du Message et des faits qui l'accréditent est mondiale. Et cela, malgré l'opposition aveugle, obstinée d'une Commission qui, chargée d'une affaire très grave en soi, commit la légèreté impardonnable de ne pas lui accorder l'importance qu'elle méritait. Pour n'en avoir rien compris — et c'est bien sa faute — elle a estimé superficiellement et avec une candeur déconcertante que les Apparitions n'étaient pas objectivement surnaturelles. Son porte-parole, Monseigneur Puchol a osé parler d'un innocent "jeu d'enfants"...

    Je pense à la lettre que le Padre Pio fit écrire aux voyantes, dès 1961:
— Quand ils croiront, il sera trop tard...

    De plus, il fallait que les voyantes en vinssent à douter, à se contredire, à se démentir elles-mêmes.

    En effet, j'ai eu la chance incroyable d'assister aux quelques extases où la Vierge leur a prédit, dès 1961, cet avenir si douloureux de leurs âmes. J'ai entendu, de mes oreilles, leur réponse à cet émouvant avertissement de leur Vision:
— Mais comment pourrons-nous dire que nous ne t'avons pas vue, puisque nous te voyons en ce moment même... ?

    Oui, cela devait arriver.

    Nous, catholiques, ne nous sentons-nous pas corrompus par un absurde esprit de "faux humanisme" que nous osons appeler chrétien?

    "Ce que repoussent la plupart des hommes, c'est le surnaturel", dit très bien le cardinal Daniélou, S.J., dans son livre "Le scandale de la Vérité"? (Editions Guadarrama, Madrid, Chapitre 6, "Los fondamentos de la Fe"). Ils croient que notre position en faveur des événements historiques de Garabandal s'écroulera quand ils affirment — ce qu'aucun de nous ne discute, mais au contraire présuppose — que la Révélation publique est close, que Jésus-Christ a dit les dernières paroles nécessaires au Salut. Oui, c'est leur attitude, à l'heure même, où ils choisissent effrontément dans cette Révélation Publique ce qui leur convient, et méprisent le reste!

    Qu'on se rappelle la locution de Pampelune à Conchita, le 13 février 1966. "Yo haré todo: c'est Moi, Jésus, qui ferai tout". On pouvait prévoir l'échec de ces messieurs de la Commission, dès la fameuse soirée d'août 1961 que j'ai racontée exactement, parce que je l'ai vue et entendue moi-même, dans l'église du village. Maintenant l'échec et la confusion des hommes "compétents" sont, pour moi, certains.

2. Premier Message

    Conchita l'a dit et répété tant de fois: ce qui importe, avant tout, c'est l'accomplissement des messages de Notre-Dame du Carmel. Qu'on me permette donc de les répéter:
 
Message du 18 octobre 1961.

IL FAUT FAIRE BEAUCOUP DE SACRIFICES, BEAUCOUP PENITENCE.
IL FAUT VISITER BEAUCOUP LE SAINT SACREMENT.
MAIS AVANT TOUT, IL FAUT ETRE TRES BONS.
SI NOUS NE LE FAISONS PAS, VIENDRA UN CHATIMENT.
DEJA LA COUPE EST EN TRAIN DE SE REMPLIR. SI NOUS NE CHANGEONS PAS LE CHATIMENT SERA TRES GRAND.

(avec les signatures des quatre enfants).

    Remarquons que ces paroles furent prononcées par la Vierge avant le début du Concile Vatican II, quand on donnait déjà tellement plus de valeur à "l'humain" qu'au surnaturel.

    Ce 18 octobre 1961, des assistants furent déconcertés et rentrèrent chez eux découragés. Ils espéraient en effet voir à Garabandal un miracle que les voyantes n'avaient d'ailleurs jamais annoncé. Elles n'avaient parlé, pour ce jour-là que de la révélation publique du Message destiné par la Vierge à ses enfants de la terre. N'était-ce pas plus que suffisant?

    Le Miracle? Mais il viendra au jour fixé par le Ciel, et ce jour que seules de rares personnes ici-bas connaissent avec une précision absolue.

    Et le Message, lui? Mais il est là pour que nous l'accomplissions le plus vite et le mieux possible.

    Certes, il ne nous dit rien que nous ne sachions déjà! Mais n'avions-nous pas besoin qu'on nous rappelât ces vérités évangéliques?

    La preuve? Le monde pratique-t-il cette vieille doctrine? Et, nous-mêmes, que faisons-nous, bien que nous croyions à Garabandal?

    Il ne pouvait y avoir rien de nouveau ici, pas plus qu'à Fatima, Lourdes, Beauraing et ailleurs!

    La Révélation Publique est close? Nous le savons aussi bien que les adversaires. Nous demandons seulement ce qu'on en a fait, et qui se la rappelle dans toutes ses exigences.

    On entend parfois dire: "Garabandal? — Mais c'est fini! actum est!" — Mais "Roma non locuta", comme on pourrait le croire à la suite d'informations erronées ou tendancieuses.

    Un évêque mal informé peut se tromper. Une Congrégation telle que la Congrégation pour la Doctrine de la Foi ne se trompe pas. Et quand elle parlera, ce sera pour dire: "est, est" ou "non, non".

3. Second Message

    Il convient maintenant, me semble-t-il, de passer au dernier Message.

    Il s'agit de celui du 18 juin 1965 et qui est certainement, selon moi le Message des "derniers avertissements". Prophétisé par Conchita six mois d'avance, elle le publia le 19 juin, et le signa avec le stylo qui se trouve devant moi, sur ma table de travail. De ce cadeau inappréciable je ne pourrai jamais lui exprimer la gratitude qui convient.
 
Message du 18 juin 1965

"Le Message que la très Sainte Vierge a donné au monde par l'intercession de Saint Michel".
"L'Ange a dit: Comme on n'a pas accompli ni fait connaître au monde mon Message du 18 octobre 1961, je veux vous dire que celui-ci est le dernier.
Auparavant la Coupe se remplissait, maintenant elle déborde.
Les cardinaux, évêques et prêtres marchent nombreux sur le chemin de la perdition et entraînent avec eux beaucoup d'âmes.
A l'Eucharistie, on donne sans cesse moins d'importance.
Vous devez faire les efforts pour éviter la colère de Dieu qui pèse sur vous.
Si vous lui demandez pardon avec des âmes sincères, II vous pardonnera.
Moi, votre Mère, à l'intercession et par l'intermédiaire de Saint Michel, je veux vous dire que vous vous amendiez.
Déjà, vous êtes dans les derniers avertissements.
Je vous aime beaucoup, et je ne veux pas votre condamnation.
Priez-Nous sincèrement et Nous vous donnerons ce que vous nous demandez.
Vous devez vous sacrifier davantage.
Méditez la Passion de Jésus".

Signé: Conchita Gonzalez.

4. L'Heure de Dieu

    Je ne sais pourquoi, mais j'ai eu la chance de rester éveillé, de tenir jusqu'au bout, dans la cuisine de Conchita, pendant la nuit du 10 au 11 octobre 1962. Alors que mes compagnons succombaient au sommeil ou se retiraient, je suis parvenu à la réalisation de mon intention formelle: voir à quelle heure commencerait au matin du 11 octobre 1962, l'extase de Conchita.

    La veille, le 10, avait paru dans la Presse espagnole la Note de Mgr l'évêque de Santander, le Dr. Beitia Aldaza-bal. Il l'avait signée le 7 précédent, en la fête de Notre-Dame du Rosaire.

    Ce 11 octobre 1962, Conchita entra en extase, à 8 heures exactement. Au même instant son transistor décrivait la procession des milliers d'évêques de toutes les parties du monde qui montaient vers la Basilique Saint-Pierre de Rome, avec à leur tête le Pontife Romain Jean XXIII. Les cloches sonnaient à toute volée dans le ciel de l'univers. Cette extase dont je fus un des rares témoins dura environ dix minutes.

    J'ai entendu la conversation, du moins une partie, de la fillette avec sa Vision.

    Mais sans attendre d'être questionnée, elle nous parla, la première:
— J'ai demandé à la Vierge pourquoi Mgr. l'Evêque avait publié une Note, hier au sujet de Garabandal...

— Et qu'a-t-elle répondu?

— Elle ne m'a pas répondu, elle a simplement souri...

    Je ne sais si ce détail est inédit. Mais pour ma part, je le trouve très intéressant: "Si la Vierge de Garabandal a souri à l'heure de l'ouverture du Concile, c'est qu'Elle connaît bien l'heure de la Providence, qui n'est pas encore venue, mais qui... vient, l'heure de Dieu et la sienne..."

J.R. Garcia de la Riva.
Fin des Mémoires du Curé de Barro.
par M. L'ABBE JOSE RAMON GARCIA DE LA RIVA
"MEMOIRES UN CURÉ DE CAMPAGNE ESPAGNOL"
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