XXVII. QUELQUES LETTRES DE LA COLLECTION
DU CURE DE BARRO


San Sebastian le 9-11-1961 
Don José Ramon,

    Nous avons reçu vos images qui sont très jolies. Nous continuons de voir la Vierge, on ne le croit pas, mais nous, nous la voyons.
    Don Valentin n'est pas ici, et maintenant il va en venir un autre; il est parti parce qu'on l'accusait de provoquer les apparitions; on disait que c'était lui qui nous préparait; cela, ce sont les mauvaises langues qui le disent, parce que don Valentin était très bon et y croyait.
    La petite fille que je suis vous dit au revoir et vous baise la main.

signé: Mari-Cruz Gonzalez
Notre Dame des Sept Douleurs 
San Sebastian le 25-11-1961

Vous nous dites de brûler les lettres, mais vous pouvez parler en toute confiance, car on ne sait rien par nous.
Adieu. 

Respecté Don José Ramon Garcia,
    A l'instant je partais à l'école et ma Maman m'a dit de vous écrire aussitôt entrée en classe, et je vais vous dire que nous avons un nouveau prêtre et à première vue il paraît très bon, il nous fait le catéchisme tous les jours, il joue beaucoup avec nous toutes. On dit qu'il est envoyé par l'évêque. De don Valentin, nous ne pouvons pas vous donner l'adresse car on dit qu'il se repose, quelquefois il est à Cosio. Mais celui-ci (le nouveau prêtre) va dire aussi quelquefois la Messe là-bas; si bien que nous ne savons pas comment il va. Deux autres prêtres de Palencia sont venus aussi ici, ils paraissent aussi très bons, ils ne venaient pas ensemble, un jour l'un est arrivé et un autre jour l'autre. Ma Maman demanda à l'un d'eux comment ils venaient étant donné qu'on disait que c'était défendu et il lui répondit que l'Evêque de Palencia le [Croyait aux apparitions] croyait et ne les empêchait pas de venir. Le prêtre que nous avons, dit qu'il n'aime pas qu'ils viennent ici, mais eux ont dit la Messe et l'un d'entre eux m'a laissé des chapelets pour le jour où j'aurai des apparitions, et il pense revenir les chercher, avec cela vous me comprenez bien.
    Il y a huit jours que je n'ai plus eu d'apparitions, jusqu'au jour de l'Immaculée Conception où Elle m'a dit que je la verrai peut-être et si Elle ne vient pas ce jour-là, je ne La verrai plus jusqu'au 27 janvier, et Mari-Cruz ne La verra pas avant le 16 janvier et Jacinta avant le 16 décembre, et Maria Dolores je ne sais pas, car elle a dit qu'elle ne La voit pas, et maintenant elle la revoit. Alors je l'attends le jour de l'Immaculée Conception, c'est la Vierge qui me l'a dit, en réalité. Elle ne me l'a pas dit tout à fait, Elle m'a dit que je la verrai peut-être, si bien que je ne le sais pas, mais je l'attends et si Elle ne vient pas ce jour-là, je ne l'attends pas jusqu'au 27 si Elle ne me fait pas un autre avis.
    Je lui ai demandé aussi ce qui était parfait ou imparfait, et Elle m'a dit qu'elle me le dirait. Et un autre jour où j'ai eu une apparition, sans rien lui demander Elle me dit que ce qui est parfait ou imparfait, Elle me le dirait. Vous me demandez si quand nous sommes en extase, nous sommes raides, nous tenant les unes les autres, vous savez bien que nous ne le sommes pas. Mais quand je vois qu'une personne qui que ce soit, touche les autres, celles-ci se raidissent.
    Sans plus pour l'instant. Affectueux souvenir de toute cette famille qui ne vous oublie pas.

Conchita Gonzalez
Vive le Christ Jésus.
San Sebastian de Garabandal 30-11-1961

Senor Don José Ramôn Garcia de la Riva. 
Notre-Dame des Douleurs à Barro.
    Respectable et père aimé en Notre-Seigneur Jésus-Christ. C'est avec beaucoup de joie que j'ai reçu votre gentille lettre dont je vous remercie beaucoup. Au sujet des questions que vous me posez, il est difficile de répondre à quelques unes d'entre elles du fait qu'il est difficile de se faire justice soi-même. Cependant avec la protection de la Très Sainte Vierge et guidée par Elle je fais tout ce qu'Elle m'indique. Je vais réciter le chapelet tous les jours à 6 heures du matin à la Calleja. Jacinta m'accompagne. Conchita sort à 7 heures et Loli à 8 heures et demie pour l'Eglise.
    Depuis le 19 novembre nos extases ont cessé: Jacinta espérant les avoir le 16 décembre, Conchita le jour de sa fête, mais pas comme une chose sûre, mais incertaine. Celle-ci la verra le 27 janvier, Loli le 18 janvier et votre servante le 16 janvier avec l'aide de Dieu. Entre temps nous menons la même vie que celle des autres petites filles: en classe, en jouant et faisant nos prières tous les jours. Les photos nous ont beaucoup plu à nous toutes, merci beaucoup. Je ferai tout ce que vous me recommandez, de vous avoir présent dans nos prières aux jours où vous me l'indiquez, et rien d'autre Père, je continue à demander pour nous à la Très Sainte Vierge pour qu'elle continue à nous favoriser avec sa protection et son aide puissantes.
    Un affectueux bonjour de notre Maîtresse et des autres petites filles.
    Avec la plus grande affection, vous salue l'humble servante en Jésus Christ que je suis.

Mari-Cruz Gonzalez. Madrazo
P.S.: affectueuses salutations de mes parents.
San Sebastian le 3-12-1961

Révérend Don José Ramôn Garcia de la Riva,
    Quelques mots pour répondre à votre lettre, vous devez dire qu'il est temps. Mais pardonnez-moi car le temps passe sans que je m'en rende compte. De plus je suis fâchée car je ne vois plus la Vierge. Comme vous savez que la Vierge ne ment pas, j'espère la revoir en janvier. Je ne sais si entretemps elle reviendra parfois me visiter. Je l'ignore. Je suis un peu méchante, je ne sais si Elle m'en tiendra compte, je ne crois pas car je le fais sans m'en rendre compte. Des photos que vous m'avez envoyées je ne vous dis rien car je ne les ai pas montrées à la Vierge.
    Souvenir à ceux qui demanderaient de mes nouvelles et vous recevez celui de

Maria Dolores Mazon.
Révérend Don José Ramôn Garcia de la Riva,
    Vous me dites que j'ai peur de vous, il me semble qu'il y a confusion de votre part. Je n'ai pas peur d'aucun prêtre, encore moins de vous, car je vous connais davantage. Vous me le dites pour que je vous dise, non? Bon souvenir.
Amalia Mazon Gonzalez, (sœur de Loli)
Révérend Don José Ramôn Garcia de la Riva,
    Je ne sais si vous comprendrez ces quelques horribles lignes, car j'écris très mal. Je prendrais bien un ballon pour pouvoir voler, si c'était possible. Je pourrais arriver jusque là-bas comme un papier à cigarette, mais comme je suis si petite et si rondelette je ne peux m'élever et je devrai rester ici. Comme vous aimeriez être comme moi afin de pouvoir monter souvent aux Pins comme vous le savez.
    Comme je ne connais rien dans votre village je ne peux vous demander des nouvelles de personne.
    Souvenirs de Maria Rosaura Mazon (autre sœur de Loli).
    Souvenirs de mes parents et frères et sœurs, et vous recevez celui de votre amie.
Maria Dolores Mazon 
San Sebastian le 4-12-1961 

Monsieur,
    Je me réjouirais qu'en recevant ces quelques mots vous vous portiez bien. Nous, nous allons bien pour l'instant, grâce à Dieu.
    Don Ramon, cette lettre est pour vous dire que votre lettre m'a fait grand plaisir. Je vois qu'à Sœur Lucie la Vierge à l'Enfant continue à apparaître, à moi Elle m'apparaît de moins en moins. Le 16 de ce mois j'ai eu l'apparition et Elle m'a dit de réciter tous les matins le chapelet au "Cuadro" et que jusqu'au 16 du mois de décembre je ne la verrai pas. Conchita, Maria Dolores, Mari-Cruz l'attendent en janvier, si bien que tous les jours nous récitons quelques chapelets pour voir si la Vierge fait un miracle pour que tout le monde croie. Maintenant nous avons un prêtre très bon que nous a envoyé l'Evêque. Il nous fait tous les jours le catéchisme. Nous ne savons pas combien de temps il restera.
    Bon, c'est tout pour l'instant. Beaucoup de souvenirs de mes parents et frères et sœurs et vous, recevez l'affection de votre servante.

Jacinta Gonzalez - 12 ans
San Sebastian le 8-12-1961 

Respecté Don Ramon,
    Tous les jours ma Maman me dit de vous écrire, car elle se souvient beaucoup de vous, elle a très envie de vous voir, mais je suis très paresseuse pour écrire et d'un jour à l'autre je ne finis jamais, mais ma Maman voit bien que vous ne pouvez pas venir, mais elle dit que vous priiez à partir d'aujourd'hui le plus possible pour que cela se réalise, moi pour ma part je le demande chaque jour. Hier je n'ai pas eu d'apparition et aujourd'hui je suis allée dire mon chapelet à huit heures du matin, et souvent je n'ai pas d'apparition. Maintenant Mari-Cruz est arrivée avec une lettre de vous. Je vois que vous nous dites de demander à la Vierge si c'est "parfait ou imparfait", eh bien, quand j'aurai une apparition je le lui demanderai.
    Vous nous demandez si les images nous ont plu, à moi du moins elles m'ont plu énormément, car en plus elles sont de Terre Sainte. Vous nous demandez si nous vous avons recommandé à la Vierge. Moi du moins, oui, et les autres feront de même. Vous nous dites aussi que vous vous souvenez beaucoup de nos parents dans vos prières, eh bien, c'est nécessaire, car ma Maman quelquefois semble le croire, et d'autres fois elle doute. Vous dites aussi que les gens n'ont pas été très contents du Message. Il n'y a rien à y faire, il faut attendre ce qui arrivera. Vous nous dites aussi de vous envoyer les lettres qu'on nous envoie avec des insultes, eh bien, tous les jours j'en ai 4 ou 5 et elles sont très bien, toutes sont des lettres de demandes, nous encourageant à faire ce qu'ordonne la Vierge. Pour ce que vous dites de don Valentin, eh bien, on n'a rien dit par ici qu'il soit en prison, rien sinon qu'il vient le dimanche et qu'il s'en va après la Messe. Il ne fait aucune attention à nous.
    Bon, don Ramon, pour l'instant je ne vous écris rien de plus. J'espère que vous pourrez venir vite, même si ce n'est qu'en civil car j'ai très envie de vous voir, ma Maman aussi. Vous venez un jour dans l'après-midi, vous soupez chez moi et moi-même je vous cherche un lit.
    Je vous quitte, et ne vous oublie pas. 
    Souvenir de ma Maman. Adios.

Conchita Gonzalez
P.S.: De ce que vous nous dites sur notre raideur, eh bien, nous ne nous en rendons pas compte.
San Sebastian le 13-12-1961 

Très honoré Don José Ramon,
    Cette lettre est pour vous dire que j'ai été très contente du paquet que vous m'avez envoyé, et du livre aussi. Il est très bien, je l'ai déjà un peu lu. Ma Maman a aussi beaucoup aimé le Crucifix. L'autre, nous l'avons donné à Jacinta.
    Le jour de l'Immaculée Conception, la Vierge est venue me souhaiter une bonne fête. Elle avait déjà dit qu'Elle allait venir, et quand Elle est venue, Elle était très souriante. Elle riait beaucoup. La première chose qu'Elle m'a dite a été: bonne fête, si bien que ce jour-là je me suis très bien amusée un petit moment, mais jusqu'au 17 janvier je ne la reverrai pas. Elle est venue le soir. Ils disent que je suis restée longtemps, mais à moi cela m'a semblé très peu. Ensuite Elle m'a dit qu'Elle partait pour que je soupe, et qu'après souper elle reviendrait encore une fois. Donc quand j'ai terminé de souper Elle est revenue tout de suite, et ils disent que je suis allée jusqu'où nous avons eu la première apparition et que je suis descendue à reculons jusqu'à la maison. Et ensuite ils disent que je suis sortie et que j'ai récité le Chapelet dans les rues et que j'ai visité tous les malades et que je leur ai donné le Crucifix à baiser.
    De cela, vous savez, que je ne me rends pas compte, C'est ce qu'on dit. Donc vous savez que moi jusqu'au 27 je ne La verrai plus et le 16 Jacinta La voit. Bon, je ne vous écris rien de plus. Nous verrons quand vous viendrez par ici, vous voyez quel temps excellent il fait pour venir. Un grand merci pour tout, et je vous laisse, avec un salut de toute cette famille qui ne vous oublie pas.

Conchita Gonzalez
P.S.: Bonne fête de Noël, et heureuse année. Adieu. Souvenir de Sérafin qui est aussi mauvais que moi pour écrire, ou pire.
Vive Jésus-Christ
San Sebastian le 13-12-1961

Révérend Don José Ramôn Garcia de la Riva,
    J'ai reçu votre lettre qui me réjouit comme toujours, et surtout pour ce que vous me dites en ce qui concerne mes frère et sœur: vous savez qu'ils ne vivent pas très à l'aise parce que lui n'a pas de travail fixe. Et eux autant que moi-même et mes parents nous serions heureux si votre tante pouvait faire quelque chose pour eux. Le fait est que mon beau frère n'a pas fait son service militaire et ce sera un obstacle. Cependant si vous voulez nous faire une faveur pour laquelle nous vous serons toujours reconnaissants, nous le laissons dans votre main, pour que vous parliez à votre tante si jamais un jour elle pouvait faire quelque chose.
    Le jour de l'Immaculée Conception, seule Conchita a vu la Vierge. Alors comme je vous l'ai dit, je ne la verrai pas avant le 16 janvier. Je voudrais la voir toujours, mais si Elle ne me concède pas ce don, c'est que je ne le mérite pas. Je me résigne donc à la Sainte Volonté.
    A l'école je suis le second degré de l'encyclopédie. Je fais des travaux manuels, coudre, broder; je tricote aussi et je fais des habits pour mes poupées. Le prêtre que nous avons nous fait le catéchisme tous les après-midi et nous apprend beaucoup de cantiques. Nous l'aimons beaucoup.
    Conchita, Jacinta, Mari Loli et leur famille vous envoient leurs souvenirs. Mes parents aussi un salut affectueux. Et l'affection et la promesse de vous rappeler toujours dans les prières de votre fille en Jésus et Marie.

Mari-Cruz Gonzalez
Vive le Christ Roi
San Sebastian de Garabandal le 11-1-1962

Cher Père en notre Seigneur Jésus-Christ,
    J'ai reçu votre aimable lettre. Je suis très contente de voir que vous vous intéressez au bien de ma sœur. Pour le jour de l'Epiphanie je suis allée chez elle. Alors je suis allée en voiture, aller et retour et je n'ai pu être avec eux qu'une heure et demie. Le bébé m'aime beaucoup, il parle déjà beaucoup. Je les aime beaucoup et ils me font de la peine.
    Vous me dites que vous nous envoyez une image pour que nous changions contre celle qu'Elle a touchée, une autre de celles que vous nous aviez envoyées qui était quelque peu décolorée, mais dans cette lettre l'image n'y était pas.
    Evidemment maintenant le temps est mauvais, et vous ne pouvez pas venir. Il me semble que si vous veniez ici, je vous dirais maintenant beaucoup de choses. Et quand vous êtes là je n'ai pas grand chose à vous dire. Voyez comme je suis sotte. Maman me dit que je me souviens beaucoup de vous et que lorsque vous venez je reste comme une sotte. Je vais dire mon chapelet tous les jours à 6 heures du matin. C'est la Vierge qui m'a demandé de le dire tous les jours à cette heure-là jusqu'au 4, jour où je La reverrai.
    Je sais que la Vierge veut que nous soyions très bons et que nous visitions le Saint Sacrement. Je veux que vous priez la Vierge pour que je sois chaque jour meilleure. Quand je reverrai la Vierge je lui dirai ce que vous me dites pour que le Pape et ceux qui sont avec lui aient la victoire au Concile, je l'ai fait lire aux autres pour qu'elles le fassent aussi; les images sont très jolies, et il vaut mieux en avoir beaucoup.
    Maintenant nous n'allons plus chercher de bois, car nous devons aller à l'école, et les vacances sont finies. Nous en apportons beaucoup, mais il est vite brûlé. Nous avons reçu les enveloppes et les timbres. Nous pouvons maintenant écrire beaucoup de lettres, mais moi je suis très paresseuse.
    Beaucoup de souvenirs de ma sœur et de mes parents et avec beaucoup d'affection.

Mari-Cruz
Ave Maria
San Sebastian le 15-2-1962

Révérend Don José Ramon Garcia de la Riva,
    Après votre départ nous n'avons pas eu de nouvelles. Nous ne savons si vous êtes parti fâché ou si vous êtes malade, car par ici il y a beaucoup de grippe; je vous assure que nous sommes très inquiets à votre sujet; tous les jours nous attendons une lettre; arrive la correspondance et nous éprouvons chaque fois la même tristesse. Nous ne savons pas ce qui se passe.
    Aujourd'hui il neige. Je viens de dire le chapelet au "Cuadro" et hier soir à 20 heures j'ai eu une apparition. A ce moment il tombait de la grêle en grande quantité, mais moi je voyais le ciel dégagé de tout nuage. Je n'avais pas froid, et au contraire ma mère tremblait comme une feuille , mais elle est fort intriguée au sujet des choses que je lui ai dites.
    Les apparitions continuent de la même façon. Maria Dolores en a 4 ou 5 par jour, et quelquefois 2, mais elle La voit tous les jours. Mari-Cruz, dans une semaine L'a vue tous les jours sauf 2 ou 3 fois. Jacinta a eu une apparition le 18 après un mois sans l'avoir vue. Mari-Cruz et moi La voyons tous les jours au. "Cuadro" mais pas à la même heure.
    Loli La voit dans le village partout, dans les maisons, dans les pins, partout. Sur les apparitions je vous ai déjà tout raconté.
    Je vais vous demander une faveur: pouvez-vous m'envoyer le cliché de la photo prise par Loli à la Vierge chez moi? Je voudrais, si possible, avoir les 3 photos prises. C'est pour sortir d'un doute.
    Je prends congé de vous au nom de toute la famille qui ne vous oublie pas.

Conchita Gonzalez
San Sebastian le 26-5-1962 

Révérend Don José Ramon Garcia de la Riva,
    Seulement quelques mots pour que vous voyiez que je fais ce que j'ai promis, bien qu'avec du retard; étant donné que maintenant je ne puis dire qu'on nous a mis hors d'ici [Hors du village] je n'ai rien à raconter. Quant aux apparitions elles continuent comme auparavant. Nous La voyons presque tous les jours.
    Vous me demandez de vous raconter ce qu'Elle m'a dit mais je ne peux rien dire. C'est tout. Elle nous dit tous les jours d'être meilleures, de visiter plus souvent le Saint Sacrement, et tous les jours aussi de dire le Chapelet. Je ne sais quoi vous dire, car il faut que je finisse vite pour prendre ma petite sœur qui est ici en train de rire comme une sotte avec maman. Sari [Diminutif de Rosario] est en ce moment à l'école et ne sait pas que je suis en train de vous écrire, car autrement elle vous écrirait également. Bon! Il est déjà 5 heures et je ne puis vous écrire davantage, car autrement elle voudra vous écrire. Amaliuca rentre à l'instant de l'école, et avec le geste parfait du dépit jette le cartable et dit qu'elle ne vous écrit pas parce "qu'il ne m'a pas écrit, ainsi donc tu lui diras que je suis très fâchée contre lui". Je désire beaucoup que vous veniez et restiez ici une semaine; vous venez le lundi et vous retournez chez vous le samedi! Un grand souvenir de mes parents et de mes frères et sœurs, et particulièrement de Sari un bonjour affectueux: et de moi recevez mes meilleures salutations, car voilà que se termine la feuille de papier.

Maria Dolores Mazon
San Sebastian le 8-11-1962

    La Vierge nous a dit qu'Elle va faire un miracle. Avec toute l'affection de

Maria Dolores Mazon 
Pour Don José Ramon.
Ave Maria
San Sebastian de Garabandal le 19-10-1962

Révérend Père José Ramôn Garcia de la Riva,
    Dans votre lettre vous m'avez dit que votre envie de dormir était partie, mais moi je ne peux pas en dire autant, car si vous voyiez l'envie de dormir que j'ai.
    Après le Chapelet de 20 heures, j'ai eu une apparition de la Vierge, et une autre à 4 heures du matin. Je vous écris en attendant 6 heures, heure à laquelle je vais aller au "Cuadro" pour le Rosaire. J'ai bien de la peine que vous ne veniez plus. Hier il est venu un Prêtre des Asturies. Je crois que si ce prêtre est venu, vous pourrez le faire aussi.
    Là-dessus je vous laisse, je vous aime bien et ne vous oublie pas en présence de la Vierge. Bien le bonjour à vos parents et vous, recevez l'affection de celle qui vous est bien attachée.
    Excusez les fautes d'orthographe.

Jacinta Gonzalez
Ave Maria
San Sebastian le 14-11-1962

Cher Père,
    Vous allez me dire qu'il est temps que je vous écrive, mais vous direz que l'important c'est que la chose arrive.
    Père, il est deux heures du matin et j'attends la Vierge. Et hier c'était à six heures du matin, mais c'est comme pour écrire, l'important c'est que la chose arrive.
    Comment allez-vous? Ici il pleut tous les jours et il fait très froid, maintenant en hiver il le fait partout. Comme les gens sont découragés à cause de la Note de l'Evêque! Mais évidemment le miracle vient pour que tous croient et précisément maintenant que le miracle va venir il semble que les gens sont très découragés. Je n'ai rien d'autre à vous raconter. Nous verrons quand Mgr l'Evêque prendra d'autres dispositions. Ma maman se souvient beaucoup de vous. Elle également éprouve beaucoup de doutes.
    Je vous laisse avec le bonjour de ma maman et de mes frères et particulièrement de

Conchita Gonzalez
Ave Maria
San Sebastian le 29-11-1962

Révérend Père José Ramôn Garcia de la Riva,
    Je viens de recevoir votre lettre et je vous réponds tout de suite; bien qu'il y a un instant je ne pensais pas le faire tout de suite, car je suis fatiguée, car hier j'ai eu deux apparitions, dont la dernière à 4 heures du matin. C'est pour cette raison que je n'ai pas pu dormir. Don José Ramôn, le motif de cette lettre est de vous communiquer, à propos des photos de l'hostie, que les Damians nous les ont envoyées à nous toutes; vous ne devez donc pas vous faire de soucis à leur sujet.
    Don José Ramôn, on dirait qu'il y a un an que vous ne venez plus ici. Nous verrons si lors du miracle Mgr l'Evêque laisse venir; comme vous le savez déjà, en effet, il dira que tous ceux qui veulent y aillent. Quel bonheur, alors, n'est-ce pas?
    Bon, j'ai tellement sommeil que je ne sais pas ce que j'écris. Je vous laisse, mais je vous serai toujours présente.

Conchita Gonzalez
San Sebastian le 21-12-1962
Ave Maria

Révérend Père José Ramôn Garcia de la Riva,
    Père apprécié et respecté: bien que j'aie un peu tardé à vous répondre, ne croyez pas que je vous oublie, car je vous ai toujours présent devant la Vierge. Vous me pardonnerez l'écriture mais je suis si énervée que je ne peux faire mieux.
    Demandez pour moi, non la sainteté, mais que d'abord je sois bonne.
    Toute la famille vous aime.

Conchita Gonzalez 
San Sebastian le 7-3-1963
Ave Maria

Révérend Père José Ramôn Garcia de la Riva,
    Père apprécié, je vous réponds longtemps après avoir reçu votre lettre, car ne croyez pas que c'est à vous seul que je tarde tellement à répondre, c'est à tous ceux peu nombreux auxquels j'écris, car plusieurs Pères me disent que je dois leur écrire, et moi je leur dis que oui, mais vraiment je tarde beaucoup à accomplir ma promesse, et cela bien que ma maman m'ordonne de vous écrire avec un bâton d'une demi-toise.
    Etant donné que je ne vois pas la Vierge en ce moment je ne sais pas quoi vous dire. Plusieurs Pères sont venus, et il en vient un le vendredi pour les confessions. Vous me manquez beaucoup.
    Qu'en pensez-vous? Moi, je n'en pense rien.
    Bon! Par ici, il n'y a rien de nouveau, tout est calme. Il fait très beau.
    Je vous laisse avec un bonjour de toute la maisonnée et un affectueux bonjour de

Conchita Gonzalez
Lettre de Conchita au Père Andreu, S.J.      27-11-64
[Le destinataire de cette lettre est le P. Ramon Andreu, jésuite, frère du Père Luis mort de bonheur, au petit matin du 9 août 1961 à Reinosa, après avoir vu, la veille, la Sainte Vierge et le futur Miracle. Le Père Luis était aux Pins avec les voyantes.]

    Vous me demandez dans votre lettre comment j'ai vu le Père Luis et si c'est dans les pins. Voici: nous l'avons vu qui regardait vers le ciel, en disant: Miracle! transpirant et blême, mais avec un visage radieux. Alors la Vierge nous a dit que lui La voyait aussi en même temps que le miracle que Dieu allait faire.
    Nous n'avons parlé avec lui que 10 ou 11 fois. 
    Dans une locution de la Vierge, j'ai appris que je devais parler de nouveau avec lui. Vous me demandez si j'ai douté d'avoir vu la très Sainte Vierge? Jamais, car il y a une grande différence entre la voir, Elle, et voir une personne ordinaire, parce qu'Elle laisse un esprit de Paix et de Tranquilité, l'envie d'être meilleure, de L'aimer et de nous sacrifier pour son Amour...

Conchita Gonzalez
Ave Maria
San Sebastian de Garabandal 16-9-1965

Révérend Don José Ramon,
    Seulement quelques lignes pour vous dire que j'ai appris qu'il y a quelques jours vous êtes venu ici, je l'ai regretté beaucoup, car je voulais parler avec vous, même quelques minutes, s'il n'est pas possible davantage.
    Bon! Passons à une autre chose qui est très importante. Continuez de prier pour moi, car je dirai que j'en ai de plus en plus besoin, chaque jour je me rends compte du rien que je suis.
    Rien de plus qu'une pauvre pécheresse et j'ai besoin que l'on prie pour moi et moi pour vous. Savez-vous que dans quelques semaines ou plutôt dans quelques jours j'entrerai dans un couvent? Car mon désir d'y entrer vite est pour faire d'abord ou essayer de faire ce que la Vierge veut, je ne sais si j'ai vraiment la vocation, je crois que oui, bien que j'aie quelques doutes. La Vierge ne m'a pas dit d'y entrer.
    Souvenirs de Maman et de mes frères.

Conchita 
par M. L'ABBE JOSE RAMON GARCIA DE LA RIVA
"MEMOIRES UN CURÉ DE CAMPAGNE ESPAGNOL"

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