par M. L'ABBE JOSE RAMON GARCIA DE LA RIVA, curé de Barro (Llanes). Asturies. Espagne.
J'ai étudié de très près
et longuement les quatre voyantes à l'état normal, et je
possède des pellicules et des films nombreux et intéressants.
Mes conclusions sont formelles: il ne s'agit nullement de petites filles
maladives ou présentant un symptôme anormal quelconque. Je
le dis en toute simplicité, tout en renvoyant le lecteur aux différents
médecins qui ont rempli sur place leur fonction avec impartialité.
Je peux parler en connaissance de cause de leur comportement chez elles, à la moisson, aux alpages, dans le village, pendant leurs jeux, sur le chemin de l'école, à l'église, ailleurs. Mon appareil ou mon regard, les ont suivies ou surprises partout.
Elles jouaient, couraient, sautaient, riaient comme les autres fillettes du village. Elles adoraient la taquinerie innocente, surtout Conchita, ressemblant en cela à sa mère Ani-ceta, au temps de son adolescence. Deux choses pourtant les distinguaient réellement: leur recueillement à l'église, même quand elles priaient aussi vite que toute la population, et une modestie étonnante. Elles portaient les jupes de leur âge, mais s'asseyaient toujours avec une réserve frappante. Jamais on n'a pu leur reprocher la moindre indélicatesse au sujet de la pureté féminine. En cette matière leur modestie fut poussée à l'extrême. Elles étaient formées à pareille vertu par la Vierge elle-même. Il suffit de se rappeler les extases pour revoir combien, dans les poses parfois surprenantes pour les témoins peu avertis, elles se préoccupaient de l'ajustement parfait de leurs vêtements.
Mari-Cruz
Les égards et même les préférences que l'on
témoignait à ses trois compagnes, et spécialement
à Conchita qui l'aimait tant firent, semble-t-il, beaucoup de tort
à Mari-Cruz. Ils lui donnèrent un complexe d'infériorité
et de frustration qui dure encore. Les cadeaux étaient pour les
autres et spécialement pour Conchita qu'elle aimait pourtant beaucoup
aussi. Ne formaient-elles pas toutes deux un des duos du début des
apparitions?
Pourquoi les visiteurs se comportèrent-ils toujours ainsi à l'égard de Mari-Cruz? Parce qu'elle avait moins d'apparitions que les autres? Parce qu'elle n'en eut plus à partir du 12 septembre 1962, comme elle l'avoue maintenant encore, à certaines heures? Pour d'autres motifs aussi? On le saura un jour.
En tout cas, je me répète sans hésiter: dans la vie courante, les voyantes étaient simples, obéissantes, charitables, — surtout Mari-Cruz qui l'est restée, — travailleuses, humbles, pures, dignes d'exemple. Si elles ont acquis des défauts qu'elles n'avaient pas à l'origine, les visiteurs en sont responsables, c'est ma conviction.
par M. L'ABBE JOSE RAMON GARCIA DE LA RIVA
"MEMOIRES UN CURÉ DE CAMPAGNE ESPAGNOL"
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